Récit course - Trail EDF Cenis Tour - 01 août 2021
Après avoir plusieurs fois entendu notre copain Serge, nous vanter les mérites de ce trail dont il est baliseur et fermeur depuis de nombreuses années, nous avons décidé d'aller y participer. C'est donc, en compagnie d'un couple de notre bande de copain, qu'après avoir passé une nuit à Chambéry, nous sommes arrivés, Didier, Momo, Eva et moi, le samedi 31 juillet, vers midi à Lanslebourg. En passant devant l'Office de Tourisme, lieu du retrait des dossards, nous apercevons qu'il y a déjà de nombreuses personnes qui attendent à l'extérieur, donc nous décidons d'aller manger en attendant que ça se dégage un peu. Vers 13h30, il n'y avait quasiment plus personne, nous en profitons pour entrer et retirer nos dossards, le n° 400, pour moi, sur le 59km et le n° 1075 pour Didier sur le 21km. Puis nous partons nous installer tranquillement dans l'appartement que nous avons loué à environ 1km de la ligne de départ/arrivée. ............... Dimanche 01 août
Le réveil sonne à 4h30,
pour moi, j'ai déjà tout préparé hier soir, mon sac, mon dossard ... etc.,
j'ai juste à bien déjeuner et à rejoindre la ligne de départ en
trottinant. Le départ de ma course est prévu à 6h00, tout va bien ... sauf
le temps, en effet, dehors, il pleut. Je vais donc partir avec la veste de
pluie, sur le dos, en espérant ne pas la garder trop longtemps, en plus,
il ne fait pas chaud, du coup, j'enfile une paire de gants et un buff sur
ma tête sous ma capuche. Me voilà bien couvert pour rejoindre la ligne de
départ.
Dès que nous avons franchi la "Petite Turra", une belle descente nous permet d'arriver au 1er ravitaillement du Col du Mont-Cenis. Un officiel nous passe une raquette devant le dossard pour nous pointer, mais pour moi, ça ne fonctionne pas, il doit s'y reprendre en plusieurs fois avant de me dire, c'est bon ... Un peu moins de 13km et 2h14', ça va, je ne suis pas trop mécontent, je remplis mes gourdes et je repars, pour le moment, nous n'avons rien vu concernant les paysages, il y a du brouillard depuis le départ et il ne fait pas très chaud, j'ai toujours ma veste de pluie, mes gants et mon buff sur la tête. Après le ravitaillement, il y a environ 1km de descente, et après, nous attaquons la grosse difficulté, la montée vers le Col de la Met. Pendant environ 3km, la pente est "raisonnable", mais le dernier km, tout en lacets, nous permettant d'atteindre le "Ouillon de Arcellins" me paraît interminable, mais pas infranchissable. En arrivant à son sommet, ma montre indique 3h29 de course pour un peu plus de 18km, il y a du vent, et toujours rien à voir, donc je continue, le chemin semble plat, et même, peut-être descendant, jusqu'au passage au Col de la Tomba, où il y a encore plus de vent, Je ne traine pas, car il faut encore monter une centaine de mètres pour passer le Col de la Met, le point le plus haut de la course. J'y arrive en 3h54 pour un peu moins de 20km de course.
Il y a toujours du brouillard et maintenant, j'attaque la descente, me conduisant vers le 2eme ravitaillement. En y arrivant, pas de pointage, mais un vrai ravitaillement, je prends un gobelet de soupe avec un morceau de pain, que je trempe pour le faire fondre et l'avaler plus facilement, je prends un peu de temps, ma montre affiche 4h22', pour 23km de course, je mange un morceau de fromage et avant de repartir, je bois un demi verre de coca et je remplis mes bidons. Le chemin est en légère descente, il est un peu accidenté, mais je peux courir tranquillement, je suis seul, j'arrive à un carrefour, il y a un bénévole, lui aussi est seul et il m'indique le chemin à suivre, je contourne une petite "mare", le Lac de l'Arcelle, et je repasse près du même bénévole qui me montre le chemin pour repartir. Le chemin est toujours en descente, je traverse un pont, pour franchir un torrent et j'arrive à un carrefour. Un bénévole, emmitouflé dans son duvet, allongé dans un hamac, suspendu entre deux arbres, me prévient : "Attention, dans la descente, ça glisse fort" ... En effet, il y a des câbles pour se tenir, il y a des racines et des pierres au sol, le passage n'est pas large, et surtout, il me semble bien que le vide est important, du côté gauche ... je redouble de prudence, ça descend bien ... après quelques lacets, alors que j'entends parler, depuis un moment, je vois sur ma gauche, 2 coureurs assis par terre, emballés dans leurs couvertures de survie, accompagnés par un secouriste qui s'inquiète de l'état de santé de l'un d'eux. Il semble souffrir du bras ou de l'épaule, je demande au secouriste si je peux faire quelque chose, et il me répond que les secours sont prévenus et que tout va bien. Je continue donc mon chemin, mais je suis un peu retourné par l'état du coureur , a t-il fait une chute ? ... je ne sais pas ... dans les virages qui suivent, je marche, j'ai un peu, besoin de reprendre mes esprits ...
Quelques coureurs me doublent, le temps s'est un peu amélioré, le
brouillard s'est levé, après avoir remonté un petit col, j'apprécie la
descente en direction de Bessans. J'arrive au ravitaillement, mais avant,
il faut passer sur un tapis, pour être pointé. Cela fait 6h39' que je suis
parti, je prend encore un gobelet de soupe avec du vermicelle, un morceau
de fromage, je fais le plein de mes 2 gourdes et j'enlève ma veste de
pluie, tout va bien, je repars tranquillement. Le chemin est très
agréable, le long d'un cours d'eau, puis ça monte un peu dans la traversée
d'un village. Pendant environ 200m, on passe le long d'une route, mais il
y a des piquets et de la rubalise pour nous obliger à rester sur le
bas-côté, c'est plus prudent car il y a des voitures qui circulent, et
certains passagers nous encouragent au passage. C'est de courte durée, car
nous quittons le bord de la route pour commencer à grimper en direction du
refuge de Vallonbrun, c'est dur mais je grimpe à mon rythme, j'ai repris
mes bâtons, ça m'aide à me tenir droit et à pousser, pour avancer. Il fait
chaud, le soleil est bien présent, ça change par rapport à ce matin. Après
le refuge, la descente commence par un bon chemin droit, mais rapidement,
c'est un sentier tout en lacets que nous devons emprunter, c'est
technique, mais ça ne me déplait pas, je reste prudent tout en descendant.
J'arrive au Ravitaillement de St Laurent, en longeant un torrent, il faut
tourner à droite brusquement pour retrouver la tente de ravitaillement, un
bénévole me passe la raquette devant mon dossard, et, encore une fois, il
me dit que ça ne marche pas, il recommence la manœuvre, toujours rien, il
recommence une troisième fois et me dit que c'est bon. Cela fait 8h41' que
je suis parti, il ne me reste plus que
la montée du Cuchet, et après c'est la descente vers la ligne d'arrivée
... Je fais le plein de mes gourdes, je bois un verre de coca et je
repars. En partant du ravitaillement, le chemin est en balcon, au dessus
de la route, on voit bien les virages et on aperçoit, en contrebas, le
village de Lanslevillard. Le chemin est en descente puis quasiment plat,
pendant au moins 2km, j'en profite, pour courir en forçant un peu. Alors
qu'on a l'impression de descendre dans Lanslevillard, il faut traverser un
pont et là, ça monte très dur, tout de suite. Je pousse sur les bâtons, je
sais qu'il faut que je grimpe, sans relâcher, je ne pense qu'à la descente
qui m'attend, c'est encore plus dur, que la montée de Vallonbrun, mais la
fatigue y est aussi pour beaucoup, et oui, c'est que je commence à être un
peu fatigué ... en plus, il fait de plus en plus chaud. Une petite portion
de plat me permet de reprendre mon souffle, encore quelques lacets et me
voilà au sommet du Cuchet. A peine 1km plus loin, me voilà arrivé au
dernier ravitaillement, un bénévole me passe la raquette devant le dossard
et lui aussi doit s'y reprendre à plusieurs fois pour que ça fonctionne,
c'est quand même bizarre ... j'ai une gourde encore pleine, je ne remplis
pas l'autre, je repars aussitôt après avoir été pointé, ma montre indique
10h02' de course, un spectateur me dit qu'il reste 8km de descente, je
sers les dents et je commence à courir dès que je quitte le
ravitaillement. Mais, moins de 2km plus loin, la pente s'accentue de plus
en plus, je suis obligé de ralentir un peu, je n'ai pas envie de me casser
la figure, si près du but. Le tracé entre dans Lanslebourg, mais il faut
remonter par la gauche, par un chemin qui nous permet de passer au dessus
de Lanslebourg, pour arriver au lieu- dit, la Chalp, et passer sous la
route principale, pour longer la rivière l'Arc, encore, traverser un pont
pour enfin passer la ligne d'arrivée. |
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