Récit Championnats de France de Trail - du 26 au 28 mai 2022 - Salers - 15
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Récit et photos : Fabrice et Eva Humbert
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Après 2 années compliquées, pour cause de COVID-19, et 2 éditions annulées, la Fédération Française d'Athlétisme a décidé de confier l'organisation des Championnats de France de Trail (Long et court) à l'Association "La Pastourelle 2000", déjà organisatrice depuis plus de 20 ans de La Pastourelle, au cœur du Pays de Salers. Le Trail de La Pastourelle, avec ses 32km pour 1150m de D+ sert de Championnat de France de Trail court et Le Grand Cirque, long de 53km avec 2670m de D+ sert de Championnat de France de Trail long. De nombreuses courses ayant été annulées en 2021, empêchant à un grand nombre de coureurs, de se qualifier, la FFA a mis en place un système de calcul, attribuant, lors de certains trails, un classement KV Trail, avec une grille, par catégorie. Je suis incapable de comprendre le système mais je sais que dans ma catégorie, Master6 H, pour participer au Championnat de France, il faut que je sois classé en dessous de 6.20, en participant à un Trail, classant, avant le 26 mai. C'est dans ce but que je me suis inscrit à l'Aymon Trail, dans les Ardennes, à Bogny-sur-Meuse en février et en mars à Chambon, pour le Trail Sud Touraine. Mon résultat à l'Aymon Trail m'ayant donné un classement 5.25, pas la peine d'aller à Chambon, en mars, étant donné que 5.25 me suffisait pour être qualifié. Notre copain Didier, en participant au Trail des Grands Crus, en septembre 2021, à Rouffach est lui aussi qualifié pour le Championnat de France de Trail 2022 et comme nous sommes tous les 2, licenciés dans le même club, nous décidons d'aller à Salers pour représenter les couleurs du Club, lui sur le Trail court et moi sur le long. Nous cherchons un gîte, pour 4, près de Salers, afin d'y passer quelques jours, après le Trail pour visiter la région et nous trouvons assez facilement une maison à Drugeac, à 9km de Salers, que nous louons du mercredi 25 mai au mercredi 1er juin.

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Mercredi 25 mai
Didier et Momo arrivent à la maison, vers 7h30, nous embarquons leurs bagages dans la voiture, et après avoir bu un café, nous quittons Mesnils-sur-Iton à 8h00. La circulation est fluide, nous faisons une petite pause sur l'autoroute, un peu après Orléans, et nous arrivons vers 12h30 sur l'aire des Volcans, avant Clermont-Ferrand, où nous décidons de déjeuner. Après être sortis de l'autoroute à Ussel, nous appelons la propriétaire du Gîte pour la prévenir, comme convenu, que nous arrivons à Drugeac vers 15h30.
A notre arrivée, elle nous attend et, ensemble, nous visitons les lieux. La maison est spacieuse, au rez-de-chaussée, la grande cuisine est ouverte sur la salle à manger et le salon. Un escalier permet de rejoindre l'étage où se trouve un couloir donnant accès à, une grande chambre avec un lit de deux personnes et un lit pour bébé, avec bureau et dressing, une autre chambre, plus petite avec un lit d'une personne, une grande salle de bain avec douche et table à langer et tout ce qu'il faut pour un bébé et un WC. En redescendant, dans la salle à manger, un couloir permet d'accéder à un coin buanderie, avec machine à laver, puis un WC, et un autre escalier donne accès à un palier, permettant de sortir vers l'arrière de la maison, et aussi d'accéder à une autre grande chambre ainsi qu'une 2eme salle de bain, avec une belle douche, et dans le couloir, entre la chambre et la salle de bain, un 3eme WC. Dans la cour arrière, une grande table avec des chaises permet de prendre les repas, à l'abri du vent. Nous avons, à notre disposition, un barbecue, avec tout le nécessaire, cagettes en petits morceaux et charbon de bois, ainsi que des chaises longues que nous pouvons installer où bon nous semble sur le terrain, entièrement clos et sans vis-à-vis. Il y a aussi un abri pour garer la voiture avec éclairage pouvant servir d'endroit pour manger s'il pleut.


Notre superbe demeure pour la semaine

Après avoir tout visité, la propriétaire nous offre un cadeau de bienvenue, un panier rempli de produits locaux, fromages, gâteaux, boissons, et, avant de nous laisser nous installer, elle nous donne l'adresse de l'hôtel restaurant qu'elle gère dans Salers, "Le Beffroi", au cas ou nous aurions besoin de quelque chose, pendant notre séjour.
Eva et moi, beaucoup plus jeunes que Didier et Momo, prenons la chambre avec l'escalier le plus pentu, il faut prendre soin des anciens et l'installation est rapidement effectuée. C'est vraiment pratique, chaque couple a sa propre salle de bain et ses WC. Nous décidons d'aller faire une petite balade à Salers, pour commencer à prendre la température de ces Championnats de France de Trail. A peine 15' de voiture et nous arrivons à l'entrée de la ville, des bénévoles sont en train d'installer des piquets et de la ru balise dans un immense herbage sur la gauche, il y déjà les pancartes "Parking A-B-C-D", on voit bien qu'ils attendent beaucoup de monde. La circulation et le stationnement sont interdits aux véhicules étrangers à la ville, dans toutes les rues intérieures et seuls les parkings extérieurs sont autorisés, nous trouvons une place sur le premier parking, gratuit, puis nous grimpons vers le centre-ville. A part les bénévoles qui installent les barrières, la ville est déserte, nous pouvons nous repérer tranquillement, la ligne d'arrivée et les tentes pour le ravitaillement d'après-course, d'un côté de la ville et de l'autre, la ligne de départ et juste à côté, le village des exposants et la tente pour la remise des dossards, mais tout ça ne sera ouvert que jeudi à partir de 15h. Nous trouvons une boulangerie pour acheter du pain et nous passons au "Beffroi", pour prendre une bière, avant de regagner notre gîte pour manger et passer notre première nuit dans la campagne Cantalienne.

Jeudi 26 mai
Nous passons la matinée dans Mauriac, à 12km de Drugeac, c'est une charmante petite ville, mais un peu déserte, c'est vrai que nous sommes le jeudi de l'Ascension et que les gens sont peut-être partis en week-end. Après une balade dans la ville, en faisant quelques achats, nous prenons un petit verre en terrasse dans un bar, Le Glacier, sur la Place Georges Pompidou, à côté de la Mairie et face à la superbe Basilique Notre-Dame des Miracles et sa très réputée, Vierge Noire. Puis nous rentrons tranquillement, déjeuner dans notre gîte.


La Basilique Notre-Dame des Miracles et la Vierge Noire de Mauriac

L'après-midi, nous allons à Salers, pour assister aux courses des enfants, mais aussi pour récupérer mon dossard et faire un tour dans le village des partenaires. Cette fois, les terrasses des cafés sont remplies, et les nombreux groupes musicaux s'en donnent à cœur joie dans tous les coins de la ville. Par rapport à la veille, tout à changer, il a fallu se garer sur un des parkings, à l'entrée de la Ville et ensuite accéder au centre à pied, au milieu des nombreux touristes, très surpris et des coureurs, venus récupérer leurs dossards, tout en évitant les passages dans les petites rues, prévues et réservées pour les courses des enfants.


Beaucoup de monde dans Salers, pour ce jeudi de l'Ascension et petite bière pour fêter mon dossard

Il fait très chaud et la météo annonce, pour la course de vendredi, une température encore plus élevée. Pour Didier, qui va courir samedi, impossible de récupérer son dossard, pour éviter un afflux trop important de gens sous la tente, il ne pourra l'avoir que demain, pendant que moi, je courrais. En fin d'après-midi, nous rentrons à Drugeac, ce qui me permet d'avoir du temps, pour préparer mes affaires pour la course. Il va faire chaud, mais il faut quand même embarquer, dans le sac, le matériel obligatoire (veste étanche, téléphone, couverture de survie etc.). Nous dînons de bonne heure, une bonne Pasta-Party, à la manière de mon italienne préférée, Eva, qui sait si bien préparer les pâtes. Vers 22h00, je vais me coucher, laissant mes colocataires, regarder la télévision, car pour moi, réveil à 4h45 pour un bon petit déjeuner.

Vendredi 27 mai
Le réveil sonne à 4h45, comme prévu, je commence par prendre mon petit déjeuner, céréales, lait, pain, riz au lait et café, puis tranquillement je remplis mes gourdes d'eau légèrement mentholée, je ne change pas, ça marche d'habitude, donc je continue. J'ai une petite fiole remplie de sirop de menthe, et à chaque remplissage de bidon, j'en verse une petite rasade, en remplissant d'eau. Je prends aussi quelques petits carrés de fromage, préparé la veille, que je glisse dans la poche avant de mon sac, ainsi que 2 pâtes de fruits, c'est toujours le même rituel. Un petit passage aux toilettes, puis, direction la salle de bain et, enfin, j'enfile ma tenue de traileur, short, maillot du club, obligatoire pour le Championnat de France, chaussettes, chaussures, manchettes, buff, sur la tête, et bob, dans le sac, je pense ne rien avoir oublié. Didier est en train de prendre son petit-déjeuner, ce matin c'est lui, mon chauffeur, pour rejoindre Salers, je reprends un petit café, avec lui et comme prévu, nous quittons le gîte à 6h15. L'arrivée dans Salers est plus facile que ce que nous pensions, les bénévoles nous guident pour accéder aux parkings et nous font stationner, assez rapidement. Didier aurait pu me laisser au bord de la route et repartir, mais il a prévu de rester avec moi, jusqu'au départ de la course et d'en profiter, après pour aller récupérer son dossard. Ensemble, nous montons à pied, tranquillement vers le haut du village, ça me fait un début d'échauffement. En nous rapprochant de l'arche de départ, nous entendons les speakers, qui n'arrêtent pas de remercier, les sponsors, mais aussi les bénévoles et les organisateurs ainsi que tous les participants venus à Salers, pour cette édition de reprise après 2 années, sans courses, pour cause de "COVID-19". Il y a un sas, d'une dizaine de mètres, pour les élites, un deuxième d'environ 50 mètres, pour le Championnat de France et un troisième pour la course OPEN, avec à chaque fois, des bénévoles, qui, avec de la ru-balise, empêchent de passer dans un sas sans y avoir droit. A 7h00, le sas OPEN est déjà rempli, je trottine encore un peu, le long du parc où est installé le village des exposants, et vers 7h15, le speaker invite les participants au Championnat de France, à prendre place dans le sas, c'est parti, un dernier signe de la main à Didier et me voilà juste derrière les élites. Pour le Championnat de France, nous sommes 300 et en tout un peu plus de 1100 partants. Encore quelques recommandations de la part des officiels et c'est, à tout juste 7h30 que le départ de ce 53km est donné.


Quelques secondes avant le départ, je suis sous la flèche jaune


Cette fois, c'est parti, toujours sous la flèche jaune.
(photos tirées du film de Rémy Jegard https://www.facebook.com/runningmag/videos/462038222409787
N'hésitez pas à aller sur son site : https://www.facebook.com/runningmag c'est un garçon très sympathique.

Le départ est très rapide, 200m de descente sur le bitume, surtout quand on se retrouve vers l'avant du peloton, ça pousse fort, derrière. Ce n'est qu'après être passés devant l'église Notre-Dame de Lorette que nous entrons sur un sentier parsemé de pierres où il faut faire attention de ne pas tomber, en plus, nous commençons à monter, et même si la pente est douce, je vois bien que je me fais doubler par beaucoup de monde, mais ça ne me gêne pas, je continue de trottiner à un rythme, me convenant mieux. La montée continue, de temps en temps, je marche un peu, nous sommes toujours en groupe, parfois le chemin est large, mais il y a aussi des passages dans les herbages, dans des sillons creusés par le passage des vaches, c'est un peu plus dur pour avancer, mais ça va, j'arrive à garder le cap.
Je m'arrête au ravitaillement du Col de Néronne, pour remplir mon bidon et boire un peu de Coca, je mange aussi un Tuc et en repartant, je passe au premier pointage, 1h08' pour 9,5km, ça me plait bien. Je sais que j'ai encore environ 4km de montée, avant de redescendre pendant 4km en direction du 2eme pointage. Dans la montée, je continue d'alterner marche rapide et course, et dans la descente, sans me lâcher complètement, j'en profite pour doubler quelques coureurs, ça fait plaisir. J'arrive au ravitaillement du village de Falgoux, je bois un gobelet de Coca, sans oublier de remplir mon bidon, je passe sur le tapis de contrôle en 2h06', pour 17,5km de course, j'ai 1h d'avance sur la barrière horaire. En repartant, je sais que les 12km qui vont me conduire jusqu'au Pas de Peyrol, vont être difficiles, ce sont surtout les 900m de D+ qui m'embêtent. La barrière horaire du Pas de Peyrol est fixée à 14h30, j'ai donc 4h45, pour passer, ça me laisse du temps, mais j'espère bien y être bien avant ça. Comme à mon habitude, j'alterne, un peu de marche rapide, un peu de course et ainsi de suite, sans me poser de question et vers le km21, la pente est un peu plus raide, je suis obligé de marcher un peu plus longtemps, avant de me retrouver sur un beau chemin, presque plat, pendant 4km, où je peux courir à nouveau. Un nouveau passage pentu me permet d'arriver sur une crête. Le paysage est magnifique, mais le vent souffle, il fait même froid, je remets mes manchettes, je trottine sur le chemin de crête, je suis seul, je vois devant moi, quelques coureurs, et surtout, j'aperçois au loin le sommet du Puy Mary, c'est superbe. J'attaque une descente dans les rochers, pour rejoindre le Pas de Peyrol. Je traverse la route, c'est presque l'Alpes d'Huez un jour d'étape du Tour de France, il y a du monde partout et les gens crient nos prénoms, ils sont écrits sur nos dossards, pour nous encourager, les gendarmes ont du mal a gérer le flux de voitures, pour que nous puissions traverser, c'est de la folie. Je pointe en 4h25' et déjà 30km de parcourus, encore 23km et ça sera fini, je bois, encore un peu de Coca, je mange un morceau de fromage et un Tuc et je remplis mes 2 gourdes, avant de monter le Puy Mary.
Le début de la montée n'est pas trop raide, mais il faut passer au milieu des gens, qui nous encouragent et éviter ceux qui descendent, et qui semblent se moquer complètement de nous. J'ai même l'impression que nous leur gâchons leur week-end, certains ne savaient surement pas qu'il y aurait autant de monde, mauvais choix de journée pour faire une randonnée au Puy Mary. La montée est entièrement bétonnée, environ tous les 10m, il y a une marche, mais plus on monte, plus la pente s'accentue et les marches se rapprochent. Vers la fin, ça n'est plus qu'un escalier, mais au sommet, quelle vue magnifique à 180°. La portion plate est de courte durée, et après 21' d'ascension, pour arriver à la table d'orientation, il faut redescendre, et pas, par des marches bétonnées, cette fois c'est entre les rochers, qu'il faut zigzaguer, et pour éviter de passer à l'extérieur du tracé, des cordes sont tendues entre des piquets, solidement fixés dans le sol, pour nous permettre de suivre le bon itinéraire. Quelques randonneurs, avec de gros sacs sur le dos, sont dans le sens de la montée, et nous devons, bien sur, partager le chemin, ça passe, mais il faut être patient et redoubler de prudence. Après 500m dans les rochers, nous tournons à droite et laissons le GR, qui était très fréquenté, pour suivre un chemin, beaucoup plus plat, en léger dévers, à flanc de montagne, où je peux me remettre à courir, pour atteindre le Col de Redondet, au km33,5 que je passe en 5h27. J'ai mis 1h pour faire 3,5km, c'est dur, mais le moral est bon et je continue d'avancer, c'est le principal. Je passe le km35 en 5h45, mais dès que ça remonte un peu, je passe plus de temps à marcher et j'arrive au km40 en 6h50, ça devient de plus en plus dur. Dès que je peux, je me remets à courir, certes, pas très vite, et en m'arrêtant pour remplir mes bidons au ravitaillement du Parking de Puy Violent, j'arrive au km45, en 7h26. Une belle descente dans la forêt me permet de rejoindre St Paul de Salers, il reste 3,5km à faire, j'ai encore de l'eau, donc je décide de ne pas m'arrêter au ravitaillement. Cela fait juste 8h que je suis parti et pour les derniers km, je sais qu'ils sont costauds, alors je serre les dents, dans chaque portion plate et descendante, je cours, mais voilà, il n'y en a pas beaucoup, alors je marche, le plus vite que je peux. Au détour d'un chemin, des bénévoles me disent qu'il me reste 1km, je suis content, ça va se terminer bientôt, il commence à y avoir du monde de chaque côté du chemin, tous, m'encouragent, ça me motive. Une cinquantaine de mètres à plat, je peux courir, mais en arrivant sur le bitume, un virage très serré sur la droite et, à nouveau ça grimpe fort, et puis j'entends le speaker qui annonce les arrivées, encore 30 mètres et je suis sur le tapis rouge, encore 50métres en courant et c'est fini, je termine en 8h41'14" à la 558eme place au scratch et 4eme Master6H du "Trail du Grand Cirque", mais je suis 183eme au Championnat de France (142emeH) et 4éme Master6H, au pied du podium, mais bien content d'avoir terminé.

Le ravitaillement d'après course est très copieux, mais j'ai besoin d'attendre un peu pour pouvoir avaler, du solide. Je retrouve Eva, Didier et Momo, qui m'aident à trouver un petit coin à l'ombre pour que je puisse m'asseoir et manger un peu. Après avoir bu un bon café, nous redescendons jusqu'à la voiture, et nous rentrons à Drugeac. Une bonne douche me fait du bien et, je suis tellement fatigué que je m'allonge un peu sur mon lit, pour une sieste d'une heure. Pour moi, la fin d'après-midi est très tranquille. Vers 19h, Eva propose un petit apéro, histoire de fêter, le fait que j'ai terminé la course, c'est sympa, alors nous préparons des petits morceaux de pain avec saucisson, jambon et fromage du Pays de Salers avant d'ouvrir une bonne bouteille de Clairet/Pamplemousse.

Samedi 28 mai
C'est le grand jour, pour Didier, il va participer à "La Pastourelle", trail de 32km, comptant pour le Championnat de France de Trail Court. Le départ est prévu à 9h30, Didier est debout depuis 6h, il a pris son petit déjeuner, tranquillement, et se prépare pour sa course. Momo, Eva et moi, allons l'accompagner jusqu'à la ligne de départ et le suivre grâce au "Suivi Live" de la course. A mon tour de faire le chauffeur, nous trouvons une place sur le parking le plus près de l'entrée de la ville, grâce aux nombreux bénévoles qui nous guident pour nous garer. Comme hier, pour moi, il faut rejoindre le haut de la vieille ville pour accéder au sas de départ. A 9h15, les élites et les participants au Championnat de France sont invités à rejoindre la ligne de départ, et moins de 5', après, les ru balises s'écartent pour permettre aux coureurs de la course OPEN de venir à leur tour vers la ligne de départ. Tout va très vite, le départ est donné à 9h30 et ils sont 1400 coureurs à s'élancer pour 32km.


Didier, avant d'entrer dans le SAS (à gauche) - Derniers préparatifs - Encore 10' et c'est le départ.

Momo, Eva et moi, sommes partis jusqu'au km2, pour les voir passer. C'est impressionnant de voir à quelle vitesse, passent les premiers, alors que, plus le peloton s'agrandit, plus il y a de participants qui passent devant nous en marchant. Nous voyons Didier, passer, et bien sur, nous l'encourageons. Un fois avoir vu passer les derniers, nous rejoignons le centre ville pour boire un petit café. Puis nous passons par la tente, où nous avons récupéré nos dossards, pour faire un échange, car le maillot, offert, en cadeau, à Didier est en XS, au lieu de M, il ne peut même pas passer sa tête dans le col, mais impossible, car il n'y en a plus. En échange ils proposent à Momo un tee-shirt femme, et comme Didier ne mettra pas le XS, elle en prend un à sa taille, du coup, voyant qu'ils ont des beaux tee-shirts, pour femme, Eva demande s'ils en ont un autre et comme ils en ont beaucoup, elle repart avec un, pour elle. Après un petit tour dans le village des exposants, nous partons chercher un endroit pour déjeuner ce midi, en attendant Didier. Il est presque 11h et le téléphone de Momo, sonne. C'est Didier qui appelle, il vient d'abandonner au km9,5, après 1h18 de course, il dit qu'il n'avance pas et préfère arrêter. Momo me passe le téléphone, il a déjà rendu son dossard, et doit attendre jusqu'à midi, pour que des navettes ramènent les abandons à Salers, je lui dis de rester sur place et nous partons le récupérer. Le temps de redescendre chercher la voiture et direction le Col de Néronne. Tout va bien, il n'est pas blessé, c'est le principal, nous le récupérons et rentrons directement à Drugeac. Après une bonne douche, il nous raconte un peu son périple et avoue ne pas avoir couru, beaucoup, il a plus marché, et sans prendre de plaisir, ce qui ne l'a pas incité à continuer. Nous déjeunons à Drugeac et en début d'après-midi, nous partons visiter un joli petit village, à une vingtaine de km, Tournemire et le Château d'Anjony.
Dans le département du Cantal, il n'y a que deux "Plus Beaux Villages de France", Salers et Tournemire, donc ça valait bien le déplacement et nous n'avons pas regretté notre choix, car c'est vraiment un village à voir.


Dimanche 29 mai
Ce matin, nous avons prévu d'aller participer à la montée en estive, des vaches, pour l'été, ce que l'on appelle la Transhumance, donc direction St Paul de Salers où est organisée cette montée. La première chose que nous faisons, en passant dans St Paul de Salers, c'est de s'inscrire pour le repas de midi, après la Transhumance, car les organisateurs ont prévu un gros afflux de touristes, comme nous, mais aussi de gens de la région, qui participent tous les ans, non seulement à la Transhumance mais aussi au repas. Depuis 2 ans, il n'y a rien eu, pour cause de COVID-19, alors tout le monde a hâte de pouvoir refaire, un peu, la fête. Une fois, nos tickets, en poches, nous reprenons la voiture pour rejoindre un parking, improvisé, dans un immense pré, où des bénévoles, nous guident pour que nous puissions nous garer, de façon à mettre le plus possible de voiture, mais aussi pour que tout le monde puisse sortir sans encombres. Les bénévoles nous disent de redescendre, quelques km, à pied, jusqu'à un endroit où, plusieurs éleveurs ont rassemblé leurs vaches, dans un pré. Il faut être prudent, car la route n'est pas large et il y a encore des voitures qui montent, c'est impressionnant de voir tout ce monde.
A partir de 9h30, la route est fermée à la sortie de St Paul de Salers, et plus aucune voiture ne peut monter. Les éleveurs commencent à nous dire de nous mettre derrière les vaches et surtout de ne pas essayer de passer sur les côtés. Il est juste 9h45, les premières vaches sortent du pré et commencent à monter, tout le troupeau suit et seulement quand la dernière est sortie, nous pouvons démarrer, au son des cloches, et c'est très bruyant. Les éleveurs, bâton à la main, donnent quelques petits coups, pour que toutes suivent bien le chemin. 

Nous suivons le troupeau depuis un bon moment, et en passant près du parking, je vois que les bénévoles, qui avaient tendu des cordes pour empêcher les vaches d'entrer, commencent à les enlever. Il y a déjà des voitures prêtes à redescendre, il faut dire que ça risque d'être un sacré bazar dans Saint Paul de Salers, pour se garer, pas trop loin de la grande tente où, nous devons manger. Nous décidons de faire pareil, direction, la voiture et dès que c'est possible, nous redescendons vers Saint Paul de Salers. En arrivant près de l'Eglise, il y a une belle place, entre deux arbres, et hop, voilà la voiture, bien garée, à moins de 100m de la tente. Nous nous installons en bout de la première table et comme les bénévoles commencent à servir l'apéritif, nous échangeons 4 tickets, contre 4 Kirs et quelques chips, pour commencer les festivités. L'aligot est en train de chauffer et ça sent très bon, près des casseroles. La tente commence à se remplir, il est temps de faire la queue, pour récupérer un plateau, où les bénévoles nous servent, les couverts, le pain, une belle tranche de pâté, un morceau de saucisson, une part d'aligot avec une saucisse, 2 morceaux de fromage et une part de tarte, toujours en échange d'un ticket, par plateau. Pour la boisson, il faut passer à un autre endroit, on a le choix, vin rouge, rosé ou blanc, en bouteille ou au verre, c'est très bien organisé, on voit bien que ça n'est pas la première fois, qu'un tel repas est organisé, ici. Pendant tout le repas, nous avons été accompagné par des musiciens et une troupe de danseurs folkloriques, ainsi qu'un Maître de Cérémonie qui nous a raconté de belles anecdotes, à propos de la vie des éleveurs de vaches et de leurs traditions, depuis de nombreuses générations. Après ce bon moment, nous avons décidé, pour digérer un peu, de grimper au sommet du Rocher de la Vierge, d'où nous avons apprécié la superbe vue, sur le village mais aussi sur tous les alentours. Puis nous sommes repartis de Saint Paul de Salers, vers 16h, pour rejoindre Drugeac, tranquillement.

Lundi 30 mai
Ce matin, nous partons pour une belle balade, il fait beau alors nous emmenons le pique-nique. Cascade, rivière, pont de singe, tout est réuni pour passer un bon moment, bien sympathique.

Mardi 31 mai
Changement de temps, pour notre dernier jour dans le Cantal, il pleut, et nous avions prévu d'aller faire une balade autour du Puy Mary, peu importe le temps, nous prenons la direction du plus haut Col routier du Massif Central, le Pas de Peyrol. En arrivant sur le parking, la pluie a cessé, le vent souffle et le ciel est gris, on a du mal à voir le sommet du Puy Mary, un peu perdu dans la brume. Nous commençons l'ascension, tranquillement, il n'y a personne, ça change du jour de la Pastourelle. Nous faisons quelques arrêts dans la montée pour regarder, entre les nuages, les sommets aux alentours. La pluie n'a pas repris, c'est déjà ça. En arrivant au sommet, après un rapide coup d'œil sur la table d'orientation, nous redescendons par le chemin, menant à la Brèche de Roland. Nous arrêtons juste avant d'y arriver, sur un petit promontoire, d'où l'on voit bien le passage. Je sais qu'Eva ne va pas y passer, c'est un passage délicat, et nous voyons juste en face, sur l'autre versant, un groupe de randonneurs, faire demi-tour et rebrousser chemin. En plus, la pluie recommence à tomber, nous mettons les vestes de pluie et décidons de rentrer. Nous faisons, nous aussi demi-tour, et, sans avoir besoin de remonter au sommet du Puy Mary, nous prenons la variante qui nous permet de rejoindre le Pas de Peyrol, assez facilement. Le Chalet du Puy Mary est ouvert, c'est un Bar/Restaurant, nous y entrons et nous y mangeons. Il fait bon à l'intérieur et nous avons du mal à repartir, mais nous reviendrons.


Renseignements : https://www.lapastourelle.net/