Récit de la Roma No Limits - Italie Course extrême dans la banlieue de Rome - 11 novembre 2007 |
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Nul besoin d'être un expert dans la langue de Shakespeare, pour comprendre ce qui nous attend pendant cette 4e édition de "La Roma No Limits". Plus dure qu'un Trail traditionnel, c'est une véritable course extrême, dans laquelle, nous serons les porte-drapeaux de la délégation française. Après la réussite des trois éditions précédentes, le comité d'organisation, avec, à sa tête, Umberto Silvestri (fondateur du Marathon de Rome), a décidé de reconduire cette épreuve, le 11 novembre 2007. C'est à Anguillara Sabazia, dans la banlieue de Rome, en Italie, et plus précisément dans le "Parc Régional de Bracciano et Martignano", que se déroule cette nouvelle édition. La première édition, sur un parcours de 30km avait rassemblé quelques 350 participants. Pour la deuxième édition, la distance avait été rallongée, pour atteindre celle du Marathon (42,195km) et 600 participants avaient fait le déplacement, j'y étais avec 4 autres français. Pour la troisième édition, la distance n'avait pas changé, toujours celle du marathon, mais, peut-être à cause de la difficulté d'un parcours trop long, seulement 350 participants, avaient pris le départ. Pour cette nouvelle édition, et afin d'essayer de rassembler le plus possible de participants, le comité d'organisation a complètement raccourci l'épreuve. C'est maintenant, en seulement 18km, qu'il va falloir franchir les nombreux obstacles, qui ralentissent notre progression. Pont tibétain, échelles de cordes, passage au fond d'un canyon, progression dans l'eau, passage dans une grotte ainsi que bien d'autres pièges nous attendent. Avant de partir, voilà ce que je disais :"J'ai déjà participé à la 2e édition grâce à Modestino Preziosi, qui m'avait gentiment invité. Pour cette nouvelle édition, j'ai tenu à embarquer avec moi, cette année, une partie du petit groupe avec lequel nous avons participé à de nombreuses courses, le Trail des Burons, Alençon-Médavy, le Viaduc de Millau etc… Je pars donc avec, Didier et Mauricette Niepceron, Maria Fabre et aussi Éva, qui n'était pas venue, la première fois. Cela va être pour eux, une découverte des courses extrêmes. La distance ayant été très raccourcie, l'épreuve devient un peu plus accessible à tous. Je ne m'inquiète pas pour Didier, je le connais bien et je suis sur que c'est une épreuve qui va lui plaire. Pour les trois femmes, cela va être un peu plus dur. Eva, Mauricette et Maria forment une équipe de choc, elles sont décidées à aller jusqu'au bout, en prenant d'abord, beaucoup de plaisir. Il ne faut pas oublier qu'en Italie, La Roma No Limits est synonyme de course réservée à "Ceux qui ne se rendent jamais et ne baissent jamais les bras" : les gladiateurs." Dès notre arrivée à l'aéroport de Rome, nous retrouvons Modestino, qui est déjà sur place depuis deux jours et qui est venu nous chercher, avec Fabio. Nous embarquons dans les 2 voitures pour une expédition romaine, environ 35km en direction Anguillara Sabazia, au milieu du trafic routier ... conduite à l'italienne, obligatoire ... pas d'arrêt aux STOP ... dépassement sur les lignes blanches ... changement de file, à n'importe quel moment ... mais toujours en klaxonnant … Enfin, l'hôtel est en vue, c'est le même qu'il y a deux ans, j'ai le souvenir d'une excellente cuisine. Nous montons nos sacs dans nos chambres et nous passons à table. Le repas est parfait, ça n'a pas changé. Vers 14h, je propose au petit groupe de rejoindre la plage d'où sera donné le départ de la course demain matin et d'en profiter pour visiter un peu le village. Nous partons pour 3km tranquillement, jusqu'au bord du Lac. Le village est perché sur un rocher qui avance dans le Lac, c'est magnifique. Il y a une multitude de petites ruelles, entrecoupées par des escaliers, qui traversent le village, de part en part. Une fois arrivés au sommet du village, nous dominons tout le Lac et j'en profite pour leur dévoiler une partie des passages dans le Lac … et oui, il faudra courir dans l'eau. Sur la plage, c'est l'effervescence, Umberto est là, avec toute son équipe, pour installer les obstacles que nous allons devoir escalader, dès le départ … Encore un petit tour vers la ligne d'arrivée, histoire de s'imprégner encore plus de l'ambiance de la course, et nous décidons de rentrer à l'hôtel, encore 3km, avec quelques arrêts, pour l'achat de souvenirs … Modestino a récupéré nos dossards et nous remet à chacun, un grand sac, à l'intérieur duquel se trouvent les cadeaux offerts par l'organisation : ceinture porte bidons, tee-shirt, boissons et gels énergétiques, pâtes de fruit, Buff aux couleurs de La Roma No Limits, produits de beauté ainsi que de nombreux prospectus, concernant le Parc dans lequel nous allons courir demain … nous sommes gâtés. Le repas du soir est encore une fois, un véritable régal. Nous décidons de nous coucher vers 22h, un peu fatigués par notre longue journée, nous sommes debout depuis 4h … Dimanche 11 novembre, le petit déjeuner est servi à partir de 7h, c'est bien, car le départ de la course est prévu à 10h, ça nous donne un peu de temps, pour nous préparer. Modestino et Fabio nous servent toujours de chauffeurs, nous partons de l'hôtel à 8h pour rejoindre le départ. Avant de nous échauffer un peu, je vais avec Éva, prendre un petit café, dans un bar où nous rencontrons une française, mariée avec un Italien, qui habite Rome depuis une dizaine d'années. Elle était très surprise d'apprendre que nous étions venus ici, uniquement pour faire la course. Nous sommes habillés et prêts pour la course, il est 9h 15, nous partons nous échauffer, sur la plage. Éva, Maria et Momo ont décidé de courir ensemble, Didier et moi, allons faire chacun notre course, selon nos sensations. Tous rassemblés sous l'arche de départ, nous attendons le coup de pétard, qui va libérer les 250 participants … la paille, qui a été étalée sur la plage, environ 100m après le départ est en feu … il y a des fumigènes de toutes les couleurs qui enfument la plage … 10h … Umberto lance une fusée en l'air, c'est parti … Il faut d'abord éviter les bateaux qui sont au milieu du passage, ensuite passer sous des rondins de bois, escalader puis sauter par dessus une barricade, traverser les fameux murs de feu, passer en rampant sur un grillage, placé à 40cm du sol et recouvert de paille enflammée, tout cela en moins de 300m. Maintenant, il faut courir dans l'eau du Lac, pas très chaude, pour rejoindre un ponton, sur lequel nous devons grimper à l'aide de filets. Dès la sortie du ponton, nous montons dans la partie haute du village par un très large escalier en pierre, nous avons tous les chaussures remplies d'eau et les marches sont très glissantes … la descente qui nous permet de rejoindre le Lac est toute aussi dangereuse. Nous longeons le Lac pendant environ 800m, avec quelques passages dans l'eau, dans la vase ou au milieu des roseaux, puis nous empruntons une petite route pour rejoindre le Lac de Martignano. D'abord, bien goudronnée et en montée, la route devient vite un chemin défoncé, avec des ornières énormes, en descente … Nous devons passer par dessus un camion, lui-même en travers de la route et ayant perdu son chargement de pneus … pas facile de courir sur des pneus éparpillés sur une dizaine de mètres, grimper sur le camion et sauter de l'autre côté, pour refaire une dizaine de mètres au milieu … de pneus … Nous pouvons courir environ 1km sans embûches, avant d'arriver près du Lac, cette fois, par un chemin au milieu d'une végétation très coupante, un peu comme des branches de houx, beaucoup y ont laissé de la peau … Une fois arrivés au bord du Lac, nous voyons une barque, dans laquelle 2 bénévoles sont là, pour nous remettre un lacet, prouvant notre passage, nous devons faire une petite bifurcation, dans l'eau pour aller le chercher, l'eau n'est pas chaude et grimpe jusqu'à la taille … Nous entrons ensuite dans une forêt très dense, nous devons suivre un labyrinthe, pour en sortir. Une belle portion de chemin nous permet de courir à un bon rythme, pendant une dizaine de minutes, jusqu'à ce que nous arrivions dans un passage très spectaculaire : une tranchée, à environ 2m de profondeur, dans laquelle il faut descendre, puis, en rampant, pendant au moins 50m en zigzagant, au milieu des ronces … impossible de lever la tête sous peine d'y laisser les cheveux … la sortie, un vrai bourbier, est fort appréciée par tout le monde. Nous courons à nouveau sur un beau chemin, mais nous devons passer par dessus trois barrières, pour continuer jusqu'à un mur d'au moins 5m de haut qu'il faut grimper grâce à 3 cordes, mises à notre disposition. Du sommet, nous entrons dans une grotte, d'abord debout, puis à genoux, au bout de 3 ou 4 mètres, dans la pénombre, à tâtons, nous entrons dans une salle voûtée dont la seule sortie se trouve au dessus de nos tête, encore une fois, c'est une corde qui va nous permettre de sortir, les bras commencent à souffrir. Pour regagner le chemin, nous devons redescendre, toujours à l'aide de cordes, une dizaine de mètres en deux fois. Pour la première fois, le sentier est à peu près plat et nous pouvons prendre un peu de vitesse, mais un mur de planche, nous stoppe net, dans notre élan, il faut passer par dessus … je fais la courte échelle à une jeune femme, pour qu'elle puisse grimper, une fois assise en haut, elle me tend la main et m'aide à son tour à me hisser en haut, des ballots de paille nous attendent de l'autre côté, ça fait moins haut, pour sauter, mais le passage est à nouveau fermé par un mur de ballot de paille, seule issue, un tube au ras du sol, pour quelle longueur ? on ne sait pas, donc, comme les autres, je rampe et quelques secondes plus tard, je suis de l'autre côté … A ce moment là, je crois comprendre que nous sommes au dixième km … il en reste 8 !!! Une longue descente, sans difficultés, nous amène jusqu'à un Pont Tibétain, fait de trois cordes, une pour marcher, les deux autres, une de chaque côté, plus haute que la première, servant à se tenir debout … je pense avoir fait une dizaine de pas sur la corde et m'en être sorti assez rapidement, sans problème. Je savais qu'après le Pont, il n'y avait plus de difficultés, enfin, plus d'obstacles, donc je me suis remis à courir tranquillement en pensant que je pouvais peut-être terminer en moins de 2h40, mais n'ayant plus d'eau depuis longtemps, donc mal hydraté, les crampes ont commencé à me titiller les mollets, et vu l'état de mon genoux, il m'a parut raisonnable de lever le pied. Dans ce genre d'épreuve, le passage de la ligne d'arrivée, est quelque chose de très fort, premièrement, il y a la satisfaction d'avoir terminé l'épreuve, ensuite, il y a la foule qui vous applaudit, pour ce qui me concerne, Umberto Silvestri, l'organisateur, et Fabrizzio, son fils, sont venus m'embrasser, en m'entourant dans une couverture de survie … en même temps, Didier est venu me serrer la main, et en voyant ses yeux, remplis de bonheur, d'avoir lui aussi, terminé sa course … comment voulez-vous ne pas craquer ? et bien oui, j'ai laissé, encore une fois couler quelques petites larmes … Émotion, Joie, Bonheur, tout se mélange, c'est bon, le sport. Modestino a gagné la course, il termine en 1h59'. Didier a bouclé son aventure en 2h22' et termine 27e, Éva, Momo et Maria passent la ligne ensemble en 4h12', elles terminent 108e, 109e et 110e, et sont récompensées par de superbes trophées, car 3e, 4e et 5e féminines, elles ne s'y attendaient pas. Pour ma part, je termine en 2h47' à la 57e place du général. Nous sommes tous très satisfaits, et prêts à refaire une autre épreuve du même genre.
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Tous les renseignements concernant la course sont sur le site http://romaofflimits.com/ Une petite vidéo de 5' en cliquant : Ici
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