Récit course - Périgord Grand Trail - Lalinde (24) - 06 mai 2023
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(Récit : Fabrice Humbert / Photos : Fabrice et Eva Humbert)

Quand notre copain, Daniel, nous a dit qu'il était inscrit au Périgord Grand Trail, autour de Lalinde, en Dordogne, sur l'Ultra du Périgord, 88km et 2400m de D+, cela nous a rappelé de bons souvenirs à Eva et moi. En effet, en 2001 nous avions participé au Trail de Lalinde, qui faisait, à l'époque, 50km, que nous avions terminé en 5h10', alors, sans réfléchir trop longtemps, nous voilà, nous aussi inscrits pour cette 6éme édition du Périgord Grand Trail. Pour Eva, ça sera la Rando de 10km et pour moi, le Trail des Bastides, long de 44km avec 1400m de D+. Comme d'habitude, Eva trouve un gîte, près du départ et nous le réservons du 4 au 8 mai, c'est toujours sympa de pouvoir rester sur place quelques jours, histoire de visiter un peu la région. Daniel a réservé un grand mobil-home dans un terrain de camping, situé à une dizaine de km de Lalinde, car il y va en famille, mais nous espérons bien avoir l'occasion de manger ensemble, pour fêter ça.

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Jeudi 04 mai
Nous partons de Damville, le matin de bonne heure, à 5h00 et après avoir fait une pause café sur la route, nous arrivons vers 10h00, dans le joli village de Brantôme-en-Périgord. Nous décidons d'y faire une petite halte, pour nous dégourdir un peu les jambes.

 
Le joli village de Brantôme, mérite une visite.

C'est sur les rives d'un méandre de "La Dronne" que se niche la petite ville de Brantôme-en-Périgord. Située à 25km au Nord de Périgueux, en Périgord Vert, elle doit son surnom de "Venise du Périgord, au Président de la République Raymond Poincaré. En visite à Brantôme en 1913, ce dernier la nomma ainsi en raison de son cadre bucolique et du cours d'eau qui l'enlace.
Edifiée, autour de son Abbaye, au Moyen-âge, Brantôme dispose d'un riche patrimoine historique et architectural très intéressant.
A l'arrière des bâtiments de l'Abbaye, fondée à la fin du 8éme siècle, se situe une falaise calcaire percées de nombreuses cavités, aménagées par l'homme au début du développement du christianisme. Avant de terminer en carrières, elles servaient de refuge à une petite communauté d'ermites. L'une de ces grottes, appelée la grotte du "Jugement dernier", abrite 2 bas-reliefs monumentaux, sculptés par des moines au 15éme siècle.
Au sein de l'Abbaye, se trouve l'impressionnante église "Saint-Pierre". Son clocher roman du 11éme siècle, est considéré comme le plus vieux de France.
Après les visites de l'Abbaye et de l'église "Saint-Pierre", il faut emprunter le "Pont Coudé" de 16éme siècle, enjambant la Dronne, pour accéder au "Jardin des Moines", afin de se reposer sur les bancs des reposoirs, tout en admirant le Pavillon Renaissance.
Toujours au bord de la Dronne, les jardins tranquilles abritent des centaines d'arbres, arbustes, plantes et fleurs, fontaines et statues à admirer. Des tables et des chaises sont à disposition pour un sympathique pique-nique.
Nous ne quittons pas Brantôme sans déambuler dans les petites ruelles du cœur de la vieille ville où le charme des maisons ornées de lierre, ne nous laisse pas indifférent. Cette halte, complètement au hasard, a été un vrai régal pour nos yeux.

Nous déjeunons dans un des nombreux restaurants de la ville puis nous reprenons la route, en direction de Lalinde. Nous arrivons vers 15h sur le parking de la Mairie, situé juste devant la maison où nous avons loué un appartement. La propriétaire est sur place, elle est coiffeuse et son salon est installé dans tout le rez-de-chaussée de la maison. Elle nous fait visiter l'appartement, au 2éme étage et nous remet les clés, en nous indiquant toutes les choses à faire autour de Lalinde. Nous montons nos valises et nous nous installons pour 4 jours. Pour nous détendre un peu, nous partons tranquillement le long du canal, à pied, jusqu'au terrain de camping où les départs et arrivées des trails seront donnés samedi. En rentrant, nous passons par le centre de Lalinde, pour acheter du pain et boire une bonne bière, bien méritée, avant de prendre réellement possession de notre gîte.

Vendredi 05 mai
Il fait très beau, ce matin, il va même faire très chaud, d'après les annonces de la météo régionale. Nous partons passer la journée, à la découverte de Bergerac. Mais juste avant d'entrer dans la ville, nous passons devant la boutique "RUNNING BERGERAC", où nous faisons une halte, c'est en effet ici que nous pouvons récupérer les dossards pour la course de demain, avec, en prime, quelques cadeaux offerts par le propriétaire du magasin, également traileur et sponsor de l'événement. Après une visite dans les rayons, assez bien fournis, nous repartons en direction de Bergerac, où nous trouvons rapidement une place (gratuite) de stationnement au pied du Vieux Pont, tout près du Centre historique.

C'est une très belle ville, qui mérite une halte, nous y passons le reste de la journée, à flâner dans les ruelles étroites, en prenant le temps de visiter les plus beaux endroits de la ville. Puis nous rentrons à Lalinde, où nous retrouvons Daniel, venu faire quelques courses, pour leur repas du soir, au camping. J'avais prévu de partir à pied, tranquillement, pour rejoindre la ligne de départ, mais comme Daniel passe devant notre location, il me propose de me prendre en passant demain matin à 7h, c'est super. Eva et moi, nous rentrons dans notre bel appartement, ce qui me laisse du temps pour préparer mes affaires pour la course de demain, pendant qu'Eva s'affaire, en cuisine, pour notre Pasta-Party, privative. Nous regardons un peu la télévision, mais le programme n'est pas terrible, donc nous préférons aller nous coucher, pour être en forme, demain matin.

Samedi 06 mai
Le réveil sonne à 6h30, il faut que je déjeune copieusement, donc je ne traîne pas au lit ... Eva peut rester couchée, mais elle est réveillée, alors elle se lève et prend aussi son petit déjeuner. Mes affaires sont prêtes, il ne me reste qu'à sortir mes morceaux de fromage, du frigidaire, et les mettre dans un petit sachet, à portée de main dans mon sac, avec quelques pâtes de fruit et surtout, remplir mes 2 flasques, avec de l'eau fraiche et un peu de menthe. Eva descend avec moi, car nous n'avons qu'une seule clé, pour le portail, il est 6h50, Eva referme, le portail et remonte, dans l'appartement, elle va venir tranquillement vers 8h, au pied de la passerelle, qui se trouve tout près de la Mairie, à 200m de l'appartement, pour nous encourager et essayer de nous prendre en photo, pour nous, ça sera le km1,5. Puis, elle viendra à pied en début d'après-midi, sur la ligne d'arrivée, pour voir la fin de la course. Je n'attends pas longtemps, la voiture de Daniel arrive, c'est la cousine de sa femme qui conduit, elle nous dépose près du départ et repart aussitôt, au terrain de camping.
Daniel va récupérer son dossard, ainsi que les cadeaux offerts par l'organisation, un tee-shirt, une compote et une bière, heureusement qu'Eva nous attend au début de la course, il va pouvoir lui laisser tout ça, en passant. Il fait un peu frais, nous avons nos vestes coupe-vent, sur le dos, ainsi que les manchettes, sur les bras, mais ça se réchauffe assez vite et nous enlevons les vestes, pour les ranger dans nos sacs, Daniel enlève aussi ses manchettes, moi, je les garde, je verrai bien, c'est vrai que c'est facile à enlever. Les organisateurs nous demandent de nous rassembler, sous l'arche de départ, vers 7h50, puis le directeur de course nous rappelle les consignes, couleur du balisage, nombre de ravitaillements, barrières horaires, il nous indique aussi que la température va monter de plus en plus, au fur et à mesure de la journée. Il est tout juste 8h00, quand il donne le départ en annonçant que nous sommes 308, au départ, et qu'il espère que nous serons, autant, à l'arrivée.
A peine sortis du terrain de camping, nous longeons le canal, et je dis à Daniel que ça va trop vite, le 1er km en 5', c'est 12km/h, ça n'est pas raisonnable, mais heureusement en traversant la passerelle, nous voyons Eva et nous lui laissons les affaires de Daniel, en passant. Cela nous a fait ralentir un peu. Après un passage dans l'herbe, derrière l'église de Lalinde, nous traversons la Dordogne en empruntant le pont sur la D8. En sortant du pont, nous prenons la petite route sur la droite, et tout de suite, ça grimpe très fort, une cinquantaine de mètres plus loin, sur la droite, nous prenons un escalier en bois pour monter dans la forêt, et rejoindre la Chapelle Saint-Front-de-Colubri, ça n'est pas large et il est impossible de doubler. J'ai attaqué la montée devant Daniel, il est à 2 ou 3 places derrière moi, et nous sommes tous, les uns derrière les autres, jusqu'au moment où une jeune femme, arrêtée sur le côté gauche, laisse passer quelques coureurs, je passe devant elle, juste avant qu'elle ne reparte. Vers le km3, nous descendons quelques marches pour rejoindre une portion bitumée, j'en profite pour me retourner, personne ne me suit, nous devons remonter sur un sentier, sur la gauche, ça grimpe encore, nous sommes toujours en forêt, j'arrive au km4 en 30', pour un peu de plat, le chemin est plus large, en me retournant, je vois Daniel qui a réussi à doubler la jeune femme, je lève un peu le pied et Daniel revient à côté de moi. Tout va bien, mais il fait chaud, on va surement souffrir de la chaleur.


Petite photo avant le départ (à gauche), dans la première forêt (au centre) et encore ensemble (à droite).

Nous restons quelques km, ensemble, l'un comme l'autre, nous avons enlevé manchettes et buff, ça y est, la température commence à grimper, il ne faut pas oublier de boire, sinon, la fin risque d'être difficile. Dès que le chemin est un peu instable, je redouble de prudence, je n'ai pas envie que la douleur au niveau de mon genou, se réveille, pour l'instant, tout va bien. Après une belle portion en forêt, nous arrivons au km8, il y a un point d'eau où nous faisons le plein de nos bidons. En repartant, je préfère ralentir un peu, en laissant Daniel, partir, avec un petit groupe de coureurs. Dans les portions droites, je les vois, au loin devant, jusqu'à un moment où je ne les vois plus. Le parcours est très bien fléché, impossible de se perdre, je cours en compagnie d'un petit groupe, je force un peu dans les montées, pour ne pas perdre trop de temps mais je ralentis beaucoup dans les descentes, c'est tout l'inverse de mes habitudes. Nous arrivons à Molières, au km17, au premier ravitaillement, je remplis mes 2 bidons, qui sont vides, je bois un verre de coca, je regarde autour de moi, si Daniel est là, mais, non, alors, je repars en passant par le pointage, le bénévole m'annonce 2h00'56", c'est cool (j'apprendrais après la course que Daniel a été pointé en 1h57'10"). Pour la première fois, vers le km 23, alors que je me laisse un peu entraîner, dans une descente, mon genou me rappelle à l'ordre, je décide de marcher un peu, en traversant le village de Calès. Un bénévole me demande si ça va, je lui dis que je vais repartir sans problème. Après un petit km en marchant, je décide de me remettre à courir, mais cette fois, la douleur est bien là, j'insiste en essayant de poser le talon en premier, c'est comme ça que j'ai le moins mal, mais ça n'est pas ma façon de courir, alors, ça ne dure pas longtemps. Je m'arrête pour bien m'étirer et je repars doucement. Je traverse la Dordogne par un Pont, où des voitures klaxonnent pour nous encourager, je double un coureur qui, tout en marchant, en profite pour manger un peu. De l'autre côté du Pont, je longe un terrain de camping, là aussi, des gens m'encouragent, c'est sympa, ça me donne du courage et j'arrive au km29, au 2éme ravitaillement, à Trémolat, en 3h44'08" (Daniel y est passé en 3h27'01"). Je mange 2 tucs et 2 petits morceaux de fromage, je bois un verre de coca et je remplis mes 2 bidons, avant de repartir en petites foulées, pour les 15 derniers km. J'ai toujours mal au genou et je dois m'arrêter pour m'étirer, encore une fois et repartir en marchant ... ils vont être longs ces 15km ... Au km30, une jeune femme est installée entre 2 rochers pour nous prendre en photo, le site est magnifique, elle a bien choisi son endroit. Le passage est compliqué, car j'ai de plus en plus de mal à appuyer mon pied gauche par terre et là pour passer entre les rochers, je sers les dents en me dépêchant pour ne pas obstruer le passage. J'alterne marche et course, tant que je peux, ça ne va pas vite, mais j'avance quand même.

 
Photos au passage du Cingle de Trémolat, Daniel (à gauche), prend le temps de poser, pour moi (à droite). c'est plus difficile.

Dans la descente me conduisant dans le village de Mauzac, je me dis que ça ne sert à rien de continuer, et je pense que je vais arrêter là, mais dès que je retrouve une partie un peu plus plate, j'ai l'impression que je n'ai plus mal, je trottine, et en passant près du terrain de camping, je me passe la tête sous un jet d'eau, pour me rafraîchir un peu, ça me fais du bien ... du coup je ne me suis pas arrêté à Mauzac, il me reste 10km, je viens de passer le km34 en 4h52'. En continuant dans le même rythme, j'espère finir entre 6h15 et 6h30, mais rien n'est joué. A un endroit, alors que le tracé indique qu'il faut partir sur la droite, par un petit chemin, un petit groupe est installé là, avec tables et chaises, sous les parasols, de la musique et qui m'encourage, en criant très fort : "Allez, c'est bientôt fini, il ne reste que 3km, et ça descend" ... Je regarde ma montre, 6h09', ça va être dur, mais je force un peu, je profite du plat pour accélérer un peu, je sais qu'à un moment, il va falloir redescendre, pour rejoindre le bord du Canal ... Je commence à entendre le speaker qui annonce les arrivées, je suis sur la route qui mène à Lalinde, il fait très chaud, le bitume est en plein soleil, j'attaque la descente, il y a un coureur, au loin, en bas de la côte, en train de marcher, je continue et je me décide que je ne vais plus marcher, je vais passer la ligne en trottinant ... des bénévoles arrêtent la circulation, pour que je traverse la route, on me crie : "Encore 750m" ... je traverse le Pont du Canal, en regardant ma montre, 44km et 6h20', un virage à gauche et là, je vois Eva et Ilan, le fils de Daniel, qui me disent qu'il vient juste d'arriver ... Je passe sous l'arche d'arrivée en 6h24'43" à la 211éme place au scratch et 3éme M6H, content d'avoir terminé cette belle épreuve. Je retrouve Daniel, au ravitaillement, il a terminé 195éme, en 6h14'31", pas très loin devant moi, et me dis qu'il a eu des problèmes gastriques après le 32éme km et qu'il a fini, sans trop savoir comment, tellement il était mal.

   
Passage de la ligne d'arrivée, pour tous les deux.

Dimanche 07 mai
Nous nous retrouvons avec Daniel, dans son terrain de camping, pour un repas sympathique avec sa femme, son fils et sa belle-sœur, bien sur, tout en mangeant, nous refaisons la course, nous sommes tous les deux d'accord pour dire que le parcours est magnifique, l'organisation, bien rodée, il y a des bénévoles partout où il faut, rien à redire concernant le balisage, bref, c'est vraiment une belle épreuve à faire, et ça peut, aussi être l'occasion de venir passer quelques jours dans la région, pour visiter ou pour faire quelques séances d'entraînement. Pour cette fois, le séjour est court, départ pour tous, lundi matin, pour un retour en Normandie.
En ce qui me concerne, c'est décidé, dès le retour, je prends RDV avec le chirurgien pour faire le bilan de mon genou et faire tout pour que je ne sois plus embêté, s'il faut opérer, je suis prêt ... et le plus vite sera le mieux ....

 

 Renseignements : www.perigordgrandtrail.com