Récit Ultra Trail d'Angkor / Siem Reap - Cambodge - 18-19/01/2020
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(Récit : Fabrice et Eva Humbert / Photos : Fabrice et Eva Humbert et Orga.)

Après 6 voyages au Cambodge, en passant par tous les endroits où notre fils Julien a travaillé, Battambang, Siem Reap, Kep, Kampot, Sihanoukville et maintenant Phnom Penh, nous n'avions jamais réussi à organiser nos séjours, pendant l'Ultra Trail d'Angkor. Maintenant qu'Eva est à la retraite, nous avons tout prévu pour pouvoir y participer en 2020, pour notre 7éme voyage. Un séjour de 3 semaines qui va nous permettre de passer quelques jours à Siem Reap, non seulement pour participer à la course mais aussi pour rencontrer la famille de Sokun, la compagne de notre fils. Julien et Sokun travaillent et habitent à Phnom Penh, mais ils vont venir avec nous passer ces quelques jours à Siem Reap. Ensuite nous irons à Kep, passer une semaine au bord de la Mer et enfin le reste du temps nous le passerons à Phnom Penh, chez notre fils.
Lors de nos voyages précédents, nous avons déjà passé beaucoup de temps à visiter les Temples d'Angkor, c'est toujours autant impressionnant, et cette fois, nous allons faire la visite au pas de course, Eva est inscrite sur le "Temple Run", une course de 16km et moi, sur le "Bayon Trail", un Trail de 64km, pour elle, départ le samedi 18 janvier à 8h30 et pour moi, même jour, mais à 4h00.

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Lundi 13 janvier 2020
Direction Roissy CDG, mais avant nous déposons la voiture à Villeneuve-sous-Dammartin, chez TravelCar-ChronoPark/Roissy CDG, 95€ pour 3 semaines de parking, c'est intéressant. De là, une navette, nous permet de rejoindre en moins de 10', le Terminal 1 de l'aéroport CDG. Il est 11h50 et nous pouvons enregistrer les bagages à partir de midi, donc tout va bien. Le décollage, prévu à 15h05 est affiché : confirmé et à l'heure. Une fois délesté de nos bagages en soute et en possession de nos billets, nous pouvons nous installer tranquillement pour manger et en profiter pour faire une balade dans les nombreuses boutiques. A 14h30, nous embarquons dans un A380 de la compagnie Qatar Airways, en direction de Doha. Nous sommes à l'avant de l'avion, pour pouvoir en sortir dans les premiers, car nous avons opté pour une escale de 2h45, à Doha, donc le temps gagné, lors du débarquement est à prendre en compte. Nous décollons à l'heure prévue, tout va bien ... le vol d'une durée de 6h25 se passe sans problème et nous atterrissons à Doha à 23h30, heure locale.

Mardi 14 janvier 2020
L
e débarquement se passe très vite, et avant de quitter l'avion, nous savions déjà vers quelle porte nous devons nous rendre pour réembarquer en direction de Phnom Penh. Mais avant, nous devons passer le contrôle douanier ... plusieurs personnes nous guident vers les postes libres et en moins de 3' nous sommes de l'autre côté, prêts à rejoindre la porte E1. De longs tapis roulants nous permettent d'y arriver, encore une fois, très rapidement et à 00h45, nous sommes assis dans la zone d'embarquement. A peine 45' d'attente et nous embarquons dans un Boeing 777, toujours de la compagnie Qatar Airways, en direction de Phnom Penh, en faisant une escale à Ho Chi Minh, au Vietnam. L'avion n'est pas plein et nous avons 3 sièges pour nous deux, c'est agréable. Le décollage, prévu à 2h15, s'effectue, à l'heure et sans encombres. C'est parti pour 9h de vol ... Nous en profitons pour dormir, un peu.
Nous arrivons à Ho Chi Minh à 13h45, heure locale, pour une escale de 1h10. Une grosse partie des voyageurs à bord, descendent ici, et pendant l'escale, des dizaines de personnes passent l'appareil au peigne fin, nettoyage des sièges, des toilettes et des couloirs, ils remettent aussi des casques audio sur tous les sièges et à peine ont-ils quitté l'avion que des passagers embarquent pour rejoindre, comme nous Phnom Penh. Il est juste 14h55, quand nous décollons de l'aéroport de Ho Chi Minh ... et à 15h30, comme prévu, nous atterrissons à Phnom Penh. En quittant l'avion, le passage à pied nous permet de nous rendre compte qu'il fait très chaud. Direction la zone d'obtention du VISA, nous avons l'habitude et nous remplissons rapidement les papiers, que nous donnons au guichet avec nos passeports ... après être passés de mains en mains par, au moins, 10 personnes, nos passeports, munis du VISA obligatoire pour entrer au Cambodge, nous sont rendus, en échange de 60§, pour 2. Un petit tour du côté des arrivées des bagages, pour récupérer nos valises ... ouf, les 2 sont là. Il ne reste plus qu'à passer par la douane pour l'entrée dans le Pays ... un petit sourire devant l'appareil photo, à la demande du Douanier et nous voilà avec la carte de touriste accroché à nos passeports, qu'il faut rendre en sortant du Pays.
Notre fils Julien est là, pour nous attendre dès la sortie de l'aéroport et il nous a réservé un Tuk-Tuk pour aller jusqu'à chez lui. Il est en moto et va guider le chauffeur pour aller plus vite. Il fait 30° ... et dans les bouchons, sans bouger, on se rend bien compte de la chaleur, par contre dès que ça roule, le petit air frais fait du bien. nous arrivons, enfin, chez Julien après 1h de trajet, pour environ 10km ...


Accueillis par Julien à la descente de l'avion.

Une bonne douche nous fait du bien, puis nous vidons nos valises, 10kg de disques vinyles en moins, qui font le bonheur de Julien. Nous terminons cette première journée à Phnom Penh, par un repas au restaurant, et nous rentrons de bonne heure pour dormir ... sans avoir vu Sokun, la compagne de Julien, qui travaille et ne rentre que vers 22h30.

Mercredi 15 janvier 2020
L
e réveil n'a pas besoin de sonner, nous avons bien dormi et à 5h30, nous nous levons en même temps que Julien, nous prenons un petit café avec lui, et nous partons faire un footing dans Phnom Penh. C'est toujours le même rituel, tous les matins, de bonne heure, des centaines de cambodgiens se retrouvent dans les Parcs et promenades pour faire du sport. Beaucoup pratiquent la marche, et le footing, mais les plus gros rassemblements se font autour de sonos, dont le son est monté au maximum, pour des séances de gymnastique rythmique. Les groupes sont souvent tous habillés avec le même uniforme et suivent un coach, qui donne la cadence ... D'autres pratiquent un jeu qui consiste à se renvoyer, avec le pied, un volant de badminton ... Stretching et méditation sont aussi pratiqués un peu partout sur des nattes posées au sol ... C'est vraiment très convivial et il n'est pas rare de se faire inviter à échanger quelques pas de danses, souvent dans de grands éclats de rire.


Lever de soleil sur le Mékong, vu de l'esplanade du Palais Royal.

Avec Eva, nous aimons la promenade le long du Mékong. Tous les matins, nous y assistons au lever du soleil, c'est toujours un moment magique, les couleurs sont magnifiques et nous ne sommes pas les seuls à prendre quelques photos. A 6h du matin, il fait déjà 22/23°, et vers 8h, la température grimpe jusqu'à 29/30°, c'est donc le matin, de bonne heure, qu'il faut profiter de la "fraicheur". C'est en général, vers 8h que nous prenons notre petit déjeuner, dans un des nombreux bars situés face au Mékong, omelette ou œufs sur le plat, avec jambon, suivi d'une salade de fruits frais, avec musli et yaourt, et pour finir un bon café, il faut compter 4$ par personne, soit moins de 4€ ... Ensuite nous rentrons chez Julien, prendre une bonne douche. Sokun est réveillée et nous passons une partie de la matinée ensemble. Vers 11h30, elle part travailler, elle a trouvé une place dans un resto, tenu par un français, elle y fait la cuisine et ça lui plait beaucoup. Aujourd'hui, Julien nous rejoint pour le repas de midi que nous prenons dans un resto Khmer, à 2 pas de chez lui, la cuisine est familiale et c'est surtout très bon et pas très cher. En général, pour 4 ou 5$, par personne, on mange correctement. Après le déjeuner, la chaleur est si forte que nous optons pour une bonne sieste sous le ventilateur, pendant que Julien retourne à son atelier de menuiserie. Vers 16h, avec Sokun, nous allons faire quelques courses pour manger ce soir, chez Julien. Puis nous nous couchons, encore une fois, de bonne heure.

Jeudi 16 janvier 2020
Ce matin, pas de footing, mais préparation des petites valises, car nous prenons l'avion, pour un vol intérieur, en direction de Siem Reap. Le décollage est prévu à 14h05, nous y allons pour participer à l'Ultra Trail d'Angkor et nous allons passer 5 nuits sur place, pas besoin de prendre beaucoup de bagages, mais les affaires pour courir prennent de la place, donc chacun une petite valise et un petit sac à dos font l'affaire. Nous prenons un PassApp (moins cher que les Tuk-Tuk), à 11h30, et à 12h20, nous sommes à l'aéroport, l'enregistrement des bagages vient juste d'ouvrir, il n'y a que 2 personnes devant nous, c'est cool, ça va vite et à 13h, nous sommes dans le hall d'embarquement. Nous mangeons nos sandwichs tranquillement en attendant le début de l'embarquement dans l'avion. L'attente est de courte durée car à 13h35, nous embarquons à bord d'un Airbus A319 de la Compagnie Cambodia Airways. Nous décollons avec 5' de retard, à 14h10 et à 14h45, nous atterrissons à Siem Reap. Seulement 35' de vol, pour moins de 120€ aller/retour, pour 2 personnes, c'est vrai que c'est plus cher qu'en Bus, 36€, aller/retour, pour 2, mais il faut 7h pour faire le trajet au beau milieu de la circulation, je ne regrette pas d'avoir opté pour cette solution, beaucoup plus rapide et surtout moins fatigante.
A 14h, nous sortons de l'aéroport avec nos valises, des personnes munies de pancarte avec des noms inscrits dessus viennent chercher des clients d'hôtel, mais nous avons beau chercher partout, notre nom ou nos prénoms n'apparaissent nul part ... nous avions pourtant envoyé un mail avec les horaires d'arrivée et de départ pour bénéficier du transfert vers l'hôtel, mais voilà, il y a quelquefois des petits imprévus et en moins d'une demie heure, nous nous retrouvons tous les deux, seuls, devant la porte de l'aéroport. Pas la peine d'attendre pendant des heures, nous décidons de prendre un Tuk-Tuk pour rejoindre l'hôtel, en espérant qu'une chambre soit bien réservée à notre nom !!! A peine 15' plus tard, nous arrivons à notre hôtel, on nous sert une boisson fraiche, pendant que le réceptionniste nous donne les clés de notre chambre, mais concernant le transfert de l'aéroport à l'hôtel, il nous dit, ne pas être au courant et qu'il faut que l'on voit ça avec les organisateurs de la course, qui sont installés à moins de 300m dans un autre hôtel de la même chaine. Nous montons nos bagages dans la chambre et nous nous installons pour 5 nuits. Puis nous allons tranquillement à pied jusqu'à l'hôtel, où toute l'organisation est installée, nous allons en profiter pour prendre nos dossards et rencontrer les organisateurs.
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ès l'entrée de l'hôtel, des pancartes indiquent la direction pour retirer les dossards, tout est clair, et il y a de nombreux bénévoles, pour répondre à toutes nos questions. Après vérification des identités, nous recevons un sac avec notre dossard, 1 tee-shirt, 1 bracelet, des jetons pour le ravitaillement d'après course, des cadeaux des partenaires et un livret indiquant tout ce qu'il faut savoir pour participer aux courses. Nous rencontrons Dominique, que nous avions eu au téléphone, avant de nous inscrire et nous lui expliquons notre arrivée sans le transfert, aussitôt, elle s'excuse du désagrément, mais nous dit que l'agence de voyage Phoenix, qui était prévenue n'a pas fait son boulot, elle nous promet de faire remonter l'info, jusqu'à eux. Après avoir fait le tour des exposants, nous regagnons notre hôtel pour ranger nos sacs et nos affaires dans notre chambre, avant de partir vers le centre ville où nous avons quelques personnes à saluer ...
Nous sommes déjà venus plusieurs fois à Siem Reap, Julien y a été "Manager" d'un très grand hôtel, pendant 3 ans et il avait ses habitudes dans plusieurs bars et restaurants de la ville, où nous aussi, nous avons pris l'habitude de passer, lors de nos visites. Pour commencer, direction "PUB STREET", la rue qui est fermée à la circulation, le soir, et qui regroupe des dizaines de bars et restaurants, dont les terrasses sont remplies de touristes jusque tard dans la nuit ... en passant, nous buvons une bonne bière, au "Temple", le prix n'a pas changé : 0,5$, soit 0,45€, vraiment pas cher. Puis nous allons, dans une petite ruelle, beaucoup plus calme, pour retrouver Christophe, le patron du Malraux, un restaurant qui mérite vraiment le détour. A peine dans l'entrée du bar que déjà un premier client nous interpelle : "Bonjour, vous êtes les parents de Julien, je vous reconnais et en plus Julien m'a prévenu que vous arriviez aujourd'hui à Siem Reap ... ". D'autres français sont là et tous nous saluentl'accueil est encore plus chaleureux quand Christophe arrive, il nous embrasse comme si nous étions de la famille, c'est sympa et très touchant, nous sommes tous très contents de nous revoir. Il fait chaud et nous prenons 2 Lemon Juice, avant de passer à table. En attendant de manger, Christophe s'installe à notre table et nous offre l'apéritif, nous lui demandons des nouvelles de sa femme et de sa fille, que nous avions vues, il y a 2 ans, il nous annonce que depuis, ils ont eu une deuxième petite fille, c'est cool. Nous passons une très bonne soirée et nous regagnons en Tuk-Tuk, notre hôtel, vers 22h00.

Vendredi 17 janvier 2020
A
ujourd'hui, nous prenons notre petit déjeuner tranquillement vers 9h. Dans le restaurant de l'hôtel, il n'y a personne, seulement une dizaine de clients, c'est vrai que les gens partent de bonne heure, le matin, pour aller visiter les Temples, mais pour nous, pas de visites de Temples, pour cette année ... après le petit déjeuner, nous nous installons au bord de la piscine, là aussi, il n'y a personne, c'est cool ... Cette journée de vendredi va être très calme, pour nous, préparation des affaires de course pour demain et surtout repos, pas de grande ballade, sous la chaleur, nous sortons de l'hôtel uniquement pour aller manger ... des pâtes, bien sur ... et surtout, nous nous couchons de bonne heure ... à 21h ...

Samedi 18 janvier 2020
"La journée de Fabrice"
Il est 1h45, le réveil sonne, c'est l'heure de me préparer ... douche, enfilage de la tenue de traileur ... bracelet d'identification, dossard, sac, avec tout le nécessaire pour la course, bouteilles d'eau remplies, il est 2h10, je mets mes chaussures et hop, un petit coucou à Eva et je pars jusqu'à l'hôtel de l'Organisation pour prendre mon petit déjeuner. L'ouverture du restaurant est prévu à 2h15, j'y arrive à 2h25 et de nombreux coureurs sont déjà en train de manger, je m'installe à une table et je vais chercher de quoi manger pour ne pas avoir de fringale pendant la course : omelette avec des lardons et du jambon, un peu de fromage, du pain, et je finis par une salade de fruits avec du muesli et un yaourt, puis, je ne pars pas sans prendre un bon café. Dans la salle je parle 5' avec Ludo Collet, le speaker des courses de l'UTMB, il me dit qu'il est là, juste pour donner le départ du 128km et du 64km, il est installé à la table de Antoine Guillon et Christophe Le Saux, je les laisse tranquille, il y a déjà assez de gens autour d'eux, pour leur demander de poser pour un selfie (j'ai horreur de ça, mais maintenant il n'y a que ça qui compte, se prendre en photo, avec quelqu'un, ou devant un site). Le départ des navettes est prévu à partir de 3h, je monte dans la 2eme, ça ne parle qu'anglais et certainement chinois, ou coréen, mais pas français, pas de chance pour moi ... nous arrivons sur le lieu du départ de la course, assez rapidement. Je vais déposer mon sac, avec des affaires de rechange, tee-shirt et sandales, pour l'après course, dans une grande tente. Tous les bus arrivent les uns après les autres ainsi que de nombreux Tuk-Tuk qui amènent des coureurs venus d'autres hôtels autour de Siem Reap.
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'Organisateur, Jean-Claude Le Cornec nous invite à rejoindre l'espace situé devant la carte des parcours de cette 5eme édition, pour écouter les dernières informations concernant les courses. Il est juste 3h30, quand le briefing commence. Quelques discours des personnalités locales, en khmer, traduit en français et en anglais et de l'Organisateur, traduit en anglais, puis c'est au tour du directeur de course de nous présenter les parcours, avec les différents passages, et leurs difficultés.
Il nous rappelle également quelques consignes concernant le balisage, puis nous invite à nous regrouper derrière la ligne de départ, il est presque 4h et c'est au tour de Ludo de prendre le micro, pour enflammer la ligne de départ, comme il sait si bien le faire, mais là, c'est un peu le ... flop !!! il a beau tout tenter, je n'ai pas senti un véritable engouement de la part des coureurs, et malgré ses nombreux essais, c'est dans un silence presque religieux que nous prenons le départ à 4h, Ludo étant le seul à continuer à mettre l'ambiance ...


Briefing d'avant course.

Nous voilà partis, dans la nuit noire, à la seule lumière de nos lampes frontales, en direction du "Bayon", pour moi, le plus beau de tous les temples d'Angkor, malheureusement, nous ne le verrons pas, car nous bifurquons juste avant, sur la droite, pour emprunter "la Terrasse des Eléphants". Quelques escaliers en bois nous permettent de franchir des passages où il manque des pierres.

 
Passage sur la Terrasse des Eléphants.

Nous entrons dans un couloir en zigzaguant, nous sommes dans le Temple de Tep Pranam. C'est par la route que nous quittons le site de Angkot Thom, en passant sous la Porte Nord. Une centaine de mètres plus loin, le balisage nous invite à emprunter un petit chemin sur la droite. Il fait très bon pour courir, 22°, mais avec la nuit, on ressent une impression de fraîcheur, c'est très agréable. Le peloton s'est étiré et dans le chemin, impossible de se doubler, ni même de courir à deux de front, nous sommes en file indienne. Devant moi, il n'y a que 3 coureurs, que je suis, sans forcer, pas question de partir trop vite, le rythme me convient très bien. De temps en temps, j'aperçois au loin devant les lumières des lampes d'autres participants. Tout va bien. Il faut être vigilant car il y a de nombreuses racines au sol, qui dépassent, gare à la chute. Il y a aussi quelques branches que nous devons éviter, le chemin est véritablement tracé au cœur de la forêt. Je laisse un peu plus de distance avec le coureur qui me précède, pour pouvoir mieux voir le sol, devant moi. Sans avoir eu l'impression de quitter la forêt, j'arrive au 1er ravitaillement, au km10, en 1h10, toujours accompagné par les mêmes coureurs. Il fait toujours nuit et ça se passe très bien. J'ai opté pour une solution beaucoup plus rapide pour les ravitaillements, je prends des bouteilles d'eau de 1/2l, directement, pas besoin de remplir les flasques, d'ailleurs, je ne les ai pas prises, c'est beaucoup plus pratique comme ça, 2 bouteilles à l'avant et 1 dans la poche arrière de mon sac. Je repars assez rapidement du ravitaillement, tout seul. et je reviens doucement sur un petit groupe, dont je ne vois que les lueurs de leurs lampes. Ce sont 3 femmes, 3 françaises, elles papotent tout en courant à leur rythme, et je dois les appeler pour qu'elles reviennent sur le bon chemin, elles partaient tout droit au lieu de tourner sur la droite, pourtant le fléchage était parfait, mais ça peut arriver, quand on manque de concentration. Elles me remercient de les avoir remises dans la bonne direction. Du coup, elles restent un bon moment derrière moi, et je les entends de moins en moins, parler. Ensemble, nous arrivons au 2éme ravitaillement. C'est bizarre, il était prévu au km19, et à ma montre, je ne suis qu'au km15,8 pour 1h47 de course, pas grave, je prends une bouteille d'eau, je glisse un peu de poudre, Overstim's à l'intérieur, les autres sont encore pleines, encore une fois, je ne perds pas trop de temps, la lueur du jour commence à pointer le bout de nez, c'est super. Les 3 femmes décident de faire une pause, je repars derrière 2 autres coureurs qui étaient arrivés avant moi au ravitaillement. Quelques minutes se passent et lorsque nous arrivons sur un beau chemin, bien dégagé, nous assistons au lever du soleil ...




Lever de soleil.

J'arrive au 3eme ravitaillement, au km20, en 2h13', j'en profite pour enlever ma lampe frontale et la ranger dans mon sac. Je prends 2 bouteilles d'eau pleines et je profite de la poubelle pour jeter mes bouteilles vides et mes déchets (gels vides et papier d'emballage de gâteaux secs), je mange une petite banane et me voilà reparti, tout seul. Un peu plus loin, en passant près du lieu de départ du Marathon Trail, vers le km22, il y a beaucoup de monde pour nous encourager, les Cambodgiens se réveillent et c'est très agréable de les voir nous sourire, lorsque nous passons près d'eux.


Beaucoup de spectateurs, le long du parcours.

Au km 29, j'arrive au 4eme ravitaillement, en 3h25', il est situé au pied de la plus grosse difficulté du parcours. Il faut grimper au sommet d'une colline, pour accéder au Temple de Phnom Bok. Je sais, en voyant les coureurs revenir, face à moi, que l'on repasse au même endroit en redescendant du Temple, donc ayant encore une bouteille d'eau pleine, je ne me charge pas plus pour faire la boucle. En quittant le ravitaillement, il y a un bénévole qui relève notre n° de dossard pour pointer notre passage. C'est parti pour 740 marches, d'un seul tenant, sans un palier pour se ranger. Il n'y a personne devant moi, je décide de compter les marches, histoire de m'occuper un peu l'esprit. A la 300eme marche, je marque un petit arrêt pour regarder derrière moi, quelques participants me suivent de loin, j'ai largement le temps d'admirer le paysage. Au sommet, un photographe immortalise notre passage, au milieu des ruines d'une partie du Temple. La descente s'effectue par un chemin en pierres recouvert de feuilles, c'est très pentu et il faut y aller avec prudence car ça glisse beaucoup, je fais attention, et je double quand même quelques concurrents qui descendent en marchant et en zigzagant pour éviter la chute. Pour moi, tout va bien et je repasse par le ravitaillement, cette fois il est au km31 et j'ai 3h55' de course. C'est le moment de faire une pause. Je suis presque à la mi-course et presque 4h de course, je prends une bouteille d'eau dans un bac rempli de glace, ce n'est pas de l'eau plate, mais une eau qui semble pétillante. j'ai l'habitude de boire du Coca-Cola, aux ravitaillements, dans les courses, quand il y en a, je me dis que je vais gouter à ce breuvage inconnu, et là, quelle surprise, non seulement le gout est agréable, mais en plus je lis sur l'emballage que c'est une eau riche en plein de chose. Je mange une banane, un gâteau sec et je m'hydrate bien. J'emporte 2 bouteilles d'eau et 1 bouteille pleine "d'Aquarius", c'est le nom de la fameuse boisson, dans les poches de mon sac.

 
L'imposant escalier pour rejoindre le Temple de Phnom Bok et le ravitaillement.


Au sommet du Temple de Phnom Bok.

Il est tout juste 8h, quand je quitte le ravitaillement de Phnom Bok, la température, qui est déjà montée de quelques degrés, commence à me chauffer la tête, c'est le moment de mettre mon chapeau de course, je garde mon tour de tête autour de mon poignet pour m'essuyer le visage quand j'en ai besoin. Nous sommes un petit groupe et c'est sympa de pouvoir échanger quelques mots, dans un mélange de français et d'anglais, avec deux coureurs coréens et un japonais. Nous courons dans une belle allée, au milieu d'arbres magnifiques, pendant 2km, avant d'arriver au bord d'un grand réservoir d'eau, que nous longeons jusqu'au km35. De là, nous bifurquons sur la gauche sur un chemin en terre rouge, bordé de maison, nous sommes au cœur d'un village typique.


Traversée d'un village, à l'approche du Temple de Banteay Samre.

Le 6eme ravitaillement est installé à quelques mètres de l'entrée du Temple de Banteay Samre, au km37. J'y arrive en 4h47'. Comme à chaque fois, je prends 2 bouteilles d'eau et m'étant bien habitué au goût de l'Aquarius, j'en reprends 1 bouteille, avant de repartir en direction du prochain ravitaillement. Un passage dans la forêt nous permet de rejoindre une piste en terre rouge jusqu'à une bifurcation vers la gauche, où nous tombons sur une route bitumée. Il y a beaucoup de circulation, voitures, motos, tuk-tuk et camions côtoient les charrettes et les vélos. Heureusement, on peut courir sur une piste en terre, longeant la route. Après environ 1km le long de cette grande route, des Policiers arrêtent la circulation pour nous permettre de la traverser, en toute sécurité, pour entrer dans une portion beaucoup plus "nature", nous traversons des rizières, mais à cette période de l'année, rien n'est aussi vert, que sur les cartes postales que l'on voit, un peu partout et qui nous font tant rêver, il faudra revenir ... toujours est-il que c'est quand même très agréable de passer là.


Passage au milieu des rizières.

La température grimpe toujours et je n'hésite pas à me mouiller la tête dès que j'en ressens le besoin. Vers le km40, je commence à marcher, ce n'est pas très bon signe, j'ai un petit coup de mou ... je n'ai pourtant aucune douleur aux jambes, alors je ne me prends pas la tête, je continue de marcher et du coup, j'avance ... J'arrive au km44, devant le Temple de Eastern Mebon, c'est ici que le 7eme ravitaillement est installé. Ma montre indique tout juste 6h de course, j'ai un peu baissé de régime entre le km37 et le km44. Il ne me reste que 20km à faire, c'est sur je vais finir, mais il faut que je reprenne une allure d'au moins 7 ou 8km/h, pour espérer passer l'arrivée aux alentours de 9h de course. En attendant, je prends le temps de manger quelques gâteaux secs, et j'emporte 3 bouteilles d'eau et toujours 1 bouteille d'Aquarius, dans mon sac. Je prends une bouteille d'eau en plus, car je me mouille un peu plus souvent la tête, je ne veux pas prendre le risque, une insolation est vite arrivée, je reste prudent.
C'est reparti, et à nouveau, je me retrouve sur une route assez fréquentée, il y a une petite trace sur la droite de la route, sur laquelle j'alterne, marche et course, en étant un peu plus protégé des véhicules que sur la route. C'est surement la partie la plus longue sur le bord d'une route, il n'y a pas beaucoup d'ombre, je me mouille souvent la tête et j'arrive tranquillement devant le Temple de Prae Roup, lieu de départ de la course de 16km, à laquelle Eva participe. Le tracé nous permet de rentrer dans la forêt et d'être sous les arbres, à l'ombre. Je recommence à courir, doucement, certes, mais j'avance un peu plus vite.


Après la chaleur en traversant les rizières, un passage en forêt fait du bien.

Le 8eme ravitaillement est juste devant moi, km52, à côté du Temple de Prasat Kravan, j'ai 7h08' de course, à ma montre, le moral est revenu, les jambes vont mieux, c'est bon signe, pourvu que ça dure. Je remarque quand même une chose, à chaque fois que j'ai pris des bouteilles d'eau, elles étaient toujours fraîches, belle organisation pour maintenir des glacières toujours remplies de glace. Chapeau. Nous sommes très nombreux à ce ravitaillement, il y a des coureurs de toutes les courses et même des marcheurs, c'est sympa, je ne traîne pas trop longtemps, il ne faut pas que je me refroidisse, il est un peu plus de 11h et il fait 30°, ce n'est pas comme ça que je vais me refroidir !!! En repartant, nous avons 500m en plein soleil, ça chauffe bien. Puis nous entrons dans la forêt, quel plaisir, de pouvoir courir sous les arbres. Vers le km55, nous laissons sur la gauche le Temple de Ta Prohm, bien connu pour ses fromagers qui envahissent les pierres, mais nous ne passons pas devant. Plus loin, nous faisons le tour du Temple de Ta Nei, avant d'arriver au "Pont des Français", et le dernier ravitaillement du km58. Cela fait 8h08 que je suis parti, je suis très content, il me reste 6km à faire et je pense que je vais terminer en un peu plus de 9h, je bois et je mange encore un petit morceau de gâteau, sans oublier de repartir avec de l'eau dans mon sac.

 


Autour du Temple de Ta Nei.

Quelques minutes après avoir quitté le ravitaillement, je vois, sur le côté droit une pancarte indiquant "Arrivée à 5km", c'est bon, en plus dans cette partie, il y a beaucoup de monde, beaucoup de marcheurs qui sont partis du Temple de Prae Roup, pour 16km, mais aussi des coureurs du Marathon, du 32km, du 128km et du 64km, comme moi, car, nous arrivons tous au même endroit, juste en face de la Terrasse des Eléphants, d'où, nous sommes partis ce matin. Je ne sais pas s'il y avait une pancarte pour indiquer qu'il restait 4km, je ne l'ai pas vue, par contre, en arrivant sur celle indiquant les 3 derniers km, je me fais doubler par une jeune femme, et, voyant un petit drapeau français sur son sac, je l'encourage, au passage, en lui disant : "Bravo, tu finis très fort" ... elle me répond aussitôt : "Je veux finir, le Marathon en moins de 7h" ... je regarde ma montre, et je vois 8h36', je me dis qu'il reste 24' pour faire 3km, je ne la lâche pas des yeux, j'accélère, je la rattrape et je lui dis que ça va le faire, je me mets juste devant elle et je continue mon effort en accélérant, nous doublons plusieurs coureurs, elle commence à douter, craignant d'avoir une crampe, mais on s'encourage mutuellement. Si elle finit en moins de 7h, c'est que moi, je finis en moins de 9h, alors, il ne faut plus réfléchir. On entend le speaker qui annonce les noms de ceux qui passent la ligne d'arrivée, nous ne sommes plus très loin, sur le côté, je vois Eva, elle a sa médaille autour du cou, c'est super, elle a terminé. Elle m'encourage au passage, et dans les derniers mètres, la jeune femme passe la ligne devant moi, elle est contente. Nous nous félicitons et en recevant ma médaille et mon maillot de Finisher, je m'aperçois que j'ai passé la ligne en 8h57' et que je suis 31eme du 64km et 2eme Master6, le 1er étant encore sur la ligne pour faire des photos, il est arrivé, seulement 2' avant moi, mais le principal est d'avoir terminé cette très belle épreuve. Eva me rejoint juste après l'arrivée, elle aussi est très contente, nous tombons dans les bras l'un, de l'autre, vraiment ravis de cette journée.

"La journée d'Eva"
Réveillée en même temps que Fabrice, j'ai eu beaucoup de mal à me rendormir et je me suis levée à 4h30, pour me préparer, et partir prendre mon petit-déjeuner dans l'Hôtel de l'Organisation, à 300m de notre hôtel. J'ai largement le temps de bien déjeuner, les bus partent à 6h00 de l'hôtel pour nous emmener jusqu'à la Terrasse des Eléphants. Le jour est levé et il y a déjà beaucoup de monde sur la route, il ne faut que 30' pour rejoindre la Terrasse des Eléphants, c'est bien organisé, à peine descendus du bus, nous nous rassemblons devant la carte des parcours pour le briefing, qui est prévu à 7h00. Tout le monde écoute le directeur de course, qui nous explique, la couleur du balisage, l'ordre des départs, coureurs et ensuite marcheurs, il rappelle à tous, que nous devons avoir sur nous notre dossard, muni de sa puce, ainsi que le pass, qui nous permet de circuler librement dans tout le domaine des Temples d'Angkor. Il nous détaille aussi les points de ravitaillement, la nature et les difficultés du terrain, et avant de nous inviter à rejoindre les bus, qui vont nous emmener jusqu'à notre lieu de départ, il nous souhaite une bonne course et nous dit qu'il sera sur la ligne d'arrivée pour nous accueillir. Encore une petite balade en bus, et nous arrivons devant le Temple de Prae Roup, nous sommes très nombreux. Notre départ est prévu pour 8h30, il reste 45' à attendre, mais ça passe assez vite, car nous pouvons encourager les coureurs des autres épreuves, partis plus tôt, qui passent devant nous, c'est sympa.


En attendant l'heure du départ, on peut encourager les premiers et premières des autres courses.

Vers 8h10, une jeune femme de l'Organisation, nous invite à nous rassembler derrière la ligne de départ, ça se passe très bien, et comme prévu, le départ est donné à 8h30. Je suis en queue de peloton, et c'est en marchant que je passe la ligne de départ, comme beaucoup de monde, il faut que ça s'étale un peu, ça y est, quelques mètres plus loin, je peux trottiner tranquillement, de toutes façons, j'ai décidé de marcher et de temps en temps de trottiner un peu. La distance ne me fait pas peur, je la fais souvent en marchant, mais il y a longtemps que je ne cours plus, à cause de mes douleurs au dos et le long de la jambe, alors ce n'est pas aujourd'hui que je vais faire un exploit, mon seul but étant de prendre du plaisir en terminant cette épreuve. Le peloton s'étire assez rapidement, il faut dire que le chemin est large et malgré les nombreux zig-zag, c'est très facile pour les coureurs rapides, de doubler les plus lents. A peine 1km après le départ, nous arrivons dans un village, il y a des enfants partout, qui nous encouragent, c'est sympa. Quelques chiens nous regardent passer, même s'il y en a qui aboient, aucun d'eux ne semblent agressifs. Ouf!


Beaucoup de chiens dans les villages, mais pas agressifs.


Des enfants, parfois seuls, mais aussi, avec leurs parents.


Vraiment beaucoup d'enfants.

J'arrive au 1er ravitaillement, au km6,2, en 56', tout va bien, je prends une bouteille d'eau pleine et je dépose ma vide, avec les autres bouteilles vides, les poubelles sont pleines alors elles sont toutes au sol, c'est dommage, mais bon elles seront ramassées aussitôt après la course, le principal, étant de les regrouper au même endroit et de ne pas les jeter n'importe où dans la nature. Je ne reste que 3' au ravitaillement et en repartant, le chemin est très agréable, j'arrive à courir pendant 2km, sans marcher.


Ravitaillement, de l'eau fraiche et des bananes, quelques bouteilles vides par terre ...


Quelques passages en sous bois, à l'abri du soleil, font du bien.

Vers le km8,5, je dois traverser un pont, il y a du monde devant et derrière moi, nous passons en marchant. Il y a une planche qui bouge un peu, et à chaque fois que quelqu'un pose le pied dessus, on entend un petit cri ... j'ai un moment d'hésitation, mais je continue d'avancer et je suis rassurée d'être de l'autre côté, voilà une bonne chose de faite, ma montre indique 1h17'. Les paysages sont magnifiques, j'en prends plein les yeux et j'en profite au maximum.


Un beau pont ... que j'ai traversé en marchant.

Je continue mon chemin, tranquillement, en essayant toujours d'alterner marche et course et ça se passe plutôt bien, je ne ressens aucune douleur. Dans un passage en forêt, nous découvrons un Temple, en cours de restauration, il n'y a aucun touriste, seulement quelques personnes occupées à nettoyer les pierres ... quel boulot !!! surtout que les arbres envahissent tout, pas facile, pour restaurer des bâtiments d'une telle ampleur. Il faut être vigilant, car il y a de nombreuses racines qui dépassent du sol, pas question de chuter, j'ouvre bien les yeux.


Encore un Temple, en pleine forêt.

Au km 12,5, j'arrive au Pont des Français, en 1h55', là aussi, il faut être prudent car ça glisse un peu sur le bord du réservoir d'eau et je n'ai pas envie de tomber dedans surtout que ça n'a pas l'air d'être très propre ... heureusement, il n'y a que 5 ou 6m, un peu difficile, ensuite, il y a des barrières de protection, c'est plus sécurisant. A peine 5' plus tard, j'arrive au 2éme ravitaillement. Cela fait 2h00, que je suis partie et j'ai 12,7km à ma montre, je suis contente, tout va bien, il doit me rester moins de 4km à faire. Je repars rapidement, et moins de 3' plus tard, je vois un panneau indiquant qu'il reste 5km ... Bon, je me dis qu'il ne faut pas que je traîne si je veux finir en moins de 3h, mais est-ce que j'ai vraiment envie de ça ! Allez, c'est décidé, je vais trottiner comme je l'ai fait jusqu'à maintenant. Il y a des pancartes pour nous rappeler le nombre de km restant à faire, tous les km, et comme nous sommes sur de grandes lignes droites, ça me semble long ... mais je ne lâche pas. Et voilà, dernier virage et j'entre dans la ligne droite d'arrivée, encore 50m, et je passe sous l'immense arche, en 2h49', très satisfaite et surtout émerveillée par tous les paysages et les gens que j'ai rencontré pendant mes 17,5km de course, et oui, tous les participants du 16km sont unanimes, il y avait 17,5km, mais quand on aime ... on ne compte pas. J'apprends que je suis 196éme au classement scratch et 3éme M5F. Il ne me reste plus qu'à attendre l'arrivée de Fabrice.


Arrivée d'Eva en 2h49'

Une fois, à nouveau réunis et après nous être félicités mutuellement, nous faisons une petite photo souvenir avec nos médailles, puis, nous passons par la tente "Ravitaillement", pour boire une bonne bière et voir ce qui nous était proposé à manger, mais rien ne nous faisant envie, nous récupérons mon sac, déposé, le matin, dans la tente "Vestiaire" et tous les deux, un peu, fatigués par le manque de sommeil et les efforts fournis, nous grimpons dans un des bus de l'Organisation, en attendant qu'il parte en direction de l'hôtel.


Belles médailles pour les deux et podiums en catégories.

A peine 10' plus tard, le chauffeur démarre le bus et nous voilà partis. Il est à peine 15h et nous n'avons qu'une envie, prendre une bonne douche, et ensuite se reposer. Pour moi, la douche se transforme en bain, c'est très agréable, et ça me fait tellement un bien fou, qu'à peine sorti de la salle de bain, je m'écroule sur le lit. Eva qui avait pris sa douche avant moi, est déjà endormie ...
Nous nous réveillons un peu avant 18h, juste l'heure de nous préparer pour aller manger. Les muscles sont durs, mais une fois levé, je tiens quand même debout, Eva, a, elle aussi, un peu mal aux jambes, mais nous avons faim, alors, c'est parti, direction le centre ville de Siem Reap, pour un bon morceau de viande qui fait trop envie à Eva. En rentrant à l'hôtel, vers 22h30, nous recevons un appel téléphonique de Julien et Sokun, ils sont dans le bus de nuit qui va partir de Phnom Penh, dans quelques minutes et ils arriveront demain matin vers 7h, à Siem Reap. Ils ont des choses à faire le matin donc on se donne RDV, vers 11h, chez Christophe, pour boire un café, tous les 4. Pas besoin de berceuse pour ce soir, nous tombons dans le sommeil, aussitôt couchés, c'est ainsi que se termine cette grande journée de course.

Dimanche 19 janvier 2020
C
e matin, nous prenons notre temps, pour aller prendre le petit déjeuner. Il n'y a personne, dans la salle. Nous déjeunons tranquillement, avant de rejoindre notre fils et sa compagne, dans le centre de Siem Reap, au Malraux, chez Christophe, pour prendre un petit café. Julien retrouve quelques copains et nous avons un peu de mal à partir, car nous allons déjeuner dans un autre restaurant, pas très loin, chez un ancien collègue de travail de Julien, que nous avions déjà rencontré, et qui a ouvert sa propre affaire depuis environ 1 an. Là aussi, les retrouvailles sont sympathiques. Le timing est serré, à peine avons-nous terminé le déjeuner que nous partons en direction d'un grand club de Pétanque de Siem Reap (lieu de RDV de beaucoup de Français expatriés au Cambodge), où nous sommes attendus, pour une partie acharnée, mais d'abord, nous prenons un café ... avant d'attaquer la partie. L'après-midi avance à grands pas et nous retournons nous promener un peu dans la ville, pour faire quelques achats souvenirs. Julien, qui est en plein dans un mois de janvier sans alcool, nous propose de boire une boisson fraîche dans un bar, avant d'aller manger chez Christophe. Je commande une bière "Cambodia" et Julien dit : "Allez, je fais une entorse, j'en prends une aussi avec toi". Eva et Sokun préfèrent un Lemon Juice. Comme prévu, nous dinons chez Christophe et à la fin du repas, nous avons RDV avec Chhon, le frère de Sokun qui est militaire, mais qui, pendant ses permissions, conduit un Tuk-Tuk dans Siem Reap. Sokun avait prévu avec lui, de venir nous chercher, après manger pour nous ramener à notre hôtel. Il a aussi prévu de venir nous chercher lundi matin pour aller passer la journée dans leur famille. Après avoir fait connaissance, nous voilà donc tous les 4 installés dans le Tuk-Tuk en direction de notre hôtel, super. Arrivés sur place, il nous donne RDV, lundi matin à 10h devant l'hôtel. Tout le monde rentre se coucher et se donne RDV pour demain ...

Lundi 20 janvier 2020
Aujourd'hui, c'est un grand jour, nous allons rencontrer la famille de Sokun, hier soir, elle était toute émue et contente de partager ce moment avec nous. Après avoir déjeuner à l'hôtel, nous retrouvons, comme prévu Chhon et son Tuk-Tuk, devant la porte. Il est juste 10h, quand nous partons et environ 15', plus tard, nous récupérons Julien et Sokun en cours de route. Il faut un peu plus d'une heure pour effectuer le trajet, pour aller dans la famille de Chhon et Sokun, et nous faisons une halte à mi-chemin, pour acheter tout ce qu'il faut pour manger, sur place. Si jusqu'à maintenant la route était bitumée, et bien à partir de là, c'est terminé, nous empruntons un chemin en terre rouge, pour commencer, puis un chemin, un peu plus défoncé, pour arriver à leur maison, où, après avoir fait connaissance avec tous les membres de la famille, nous avons passé un moment sympathique en partageant le repas.


Repas partagé avec toute la famille de Sokun.

Puis, dans l'après midi, sur le chemin du retour, nous sommes passé par un Temple, car Sokun avait vraiment envie de nous faire partager un autre moment fort, en effet nous sommes allés à l'endroit où les cendres de son papa et de sa maman ont été dispersées, grosse émotion pour tous, mais elle tenait à nous faire voir cet endroit.


Photo de famille, les deux sœurs, Julien et Chhon, le frère ainé.

Après cette visite de Temple, nous sommes rentrés à Siem Reap, vers 16h, car Chhon devait rejoindre son régiment en fin d'après midi. Cette journée, dans la campagne Cambodgienne, nous a permis de rencontrer la famille de Sokun. Elle nous a aussi, donné l'occasion de faire une immersion dans la vie rurale, pas toujours facile, mais, comme souvent, l'accueil est toujours très chaleureux et cela restera un très bon souvenir, pour Eva et moi.
Par chance, il reste 2 places dans un bus, partant pour Phnom Penh, à 16h45, Julien et Sokun, décident de ne pas attendre le bus de nuit, pour rentrer. Ils seront chez eux, beaucoup plus tôt, vers 23h, et ça leur permettra de dormir dans leur lit et d'être en forme pour aller au travail mardi matin. Nous nous quittons, tous, devant le bureau de la compagnie d'autocar. Eva et moi, faisons un dernier petit tour par le Marché de Siem Reap, avant de rejoindre l'hôtel.

Mardi 21 janvier 2020
Après le petit déjeuner, nous descendons nos valises à l'accueil, puis, nous rendons les clés de la chambre, et au moment ou nous allions appeler un Tuk-Tuk, pour nous amener à l'aéroport, le concierge de l'hôtel nous indique que le taxi est là, pour nous y emmener. C'est super, à l'entrée de l'aéroport, le chauffeur prend la direction de l'aéroport International, heureusement que je m'en rends compte, je lui dit que nous partons à Phnom Penh et que c'est l'autre bâtiment, l'aéroport pour les lignes intérieures. Et, du coup il nous explique, être venus nous chercher, jeudi dernier ... à l'aéroport International, croyant que nous arrivons de France. Voilà donc l'explication, pour laquelle nous avions été obligés de prendre un Tuk-Tuk, pour rejoindre l'hôtel.
Pour l'instant, direction Phnom Penh, par un vol de 40'. A nouveau, 1h de Pass-App et à 14h, nous sommes chez Julien, juste pour une nuit. En effet, mercredi, nous avons RDV avec un taxi à 5h du matin, pour nous rendre à Kep, au bord de la Mer. Nous y passerons 6 nuits, comme d'habitude, à l'Hôtel de la Plage, chez Lili, puis nous reviendrons finir notre voyage, pour 6 nuits, à Phnom Penh, chez Julien en attendant de reprendre l'avion en direction de Paris le lundi 3 février.

Tout le reste de ce voyage étant un peu plus du domaine "privé", nous ne vous le racontons pas, mais si vous ne savez pas où aller pour votre prochaine destination, un peu exotique, n'hésitez pas, le Cambodge est un pays très accueillant, vous y rencontrerez des gens souriants, toujours prêts à vous aider, la nourriture y est très bonne, pas la peine de dépenser des fortunes dans l'hôtellerie, vous pourrez trouver des chambres entre 30 et 50$ la nuit (avec clim, piscine, petit-déj ...), et même encore moins chères, avec juste un ventilateur, sans passer par des agences. Pour l'avion, pas de vols directs au départ de Paris, mais de nombreuses possibilités sont proposées par les compagnies aériennes. Nous avons quelquefois transité par la Chine, mais les attentes dans les aéroports de transit sont trop longues et surtout pas très agréables ... Maintenant, nous passons soit par Doha, soit par Dubaï, avec les compagnies Qatar Airways ou Emirates. Pour exemple, cette année, pour un vol A/R, pour 2 personnes, nous avons déboursé 1239€, avec Qatar Airways, il y a 2 ans avec Emirates, nous avons payé 1257€, et l'an dernier avec China Eastern et une escale à Kunming (un aéroport chinois, où vous serez obligé de récupérer vos bagages, passer la douane, attendre pour avoir un Visa chinois, réenregistrer vos bagages, le tout avec des queues interminables à chaque fois ... il faut prévoir une escale longue, très longue ...) cela nous avait couté 1442€. Il y a beaucoup de choses à voir au Cambodge, pour les coureurs, plusieurs courses y sont organisées, par des locaux, souvent pour des œuvres de charité, donc pourquoi ne pas y passer du bon temps en alliant Sport, Culture, Rencontre et Partage.

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Tous les renseignements concernant la course : https://ultratrail-angkor.com/

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