Récit Course Grand Trail Des 2 Amants / Pitres / 12 avril 2015
Pour cette 5e édition, les
organisateurs ont beaucoup travaillé sur les parcours des différentes
courses afin de nous procurer encore plus de plaisir ... et surtout, ils
ont ajouté une course, et pas n'importe quelle course, ils ont créé le
GTDA (Grand Trail Des 2 Amants). La distance est de 53km pour un dénivelé
de 1800m ... plus grand, plus long, plus physique ... en résumé : plus
dur. "En des temps reculés, vivait entre deux collines le Roi de Pîtres, petite cité en bord de rivière. Sa fille, la belle, blonde et bouclée Calliste, s’ennuyait ferme au Château (elle n'avait pas de WiFi). Mais son père la chérissait tant qu’il ne la laissait guère s’occuper en dehors du Château et de son giron. C’est alors que Calliste fit la connaissance d’un damoiseau d’une cité voisine, le beau, brun et bien roulé Edmond. Bien entendu, les deux jeunes gens tombèrent follement amoureux, et fricotèrent allègrement dans les prés. Mais ils durent se cacher, par peur de la réaction du Seigneur de Pîtres, peu enclin à accorder la main de sa fille au premier gentilhomme venu. Pourtant, lorsqu’il apprit l’inclination qu’éprouvaient les deux jeunes gens l’un pour l’autre, il réfléchit longuement, cherchant à accorder sa méfiance et l’amour de Calliste pour Edmond. Il en vint à cette conclusion : "Edmond, si tu aimes ma fille et souhaites l’épouser, tu monteras à pieds la colline qui se dresse en face de nous. Tu porteras ma fille au creux de tes bras, et devras l’amener jusqu’au sommet, sans que ses pieds ne touchent le sol une seule fois". Ravi, plein de reconnaissance, Edmond remercia chaleureusement le Seigneur, et s’échappa vers sa propre cité pour préparer son défi, qui devait se dérouler le lendemain matin. On se le figure aisément, subissant l’entraînement intensif tel un Kilian Jornet des temps jadis, s’imaginant déjà en haut de la colline à sautiller comme un cabri. Mais Calliste était inquiète. Comment son aimé pouvait-il grimper une telle colline sans aucun repos, et avec une telle charge sur les bras (elle regretta la poularde engloutie au goûter, et jeûna jusqu’au lendemain, renonçant au Nutella) ? Elle courut vers le lieu où vivait une de ses parentes, un peu sorcière. Elle la supplia de lui fournir un breuvage, une potion qui donnerait à Edmond la force de les emmener tous deux sur la colline (il était un peu fluet, le garçon, plus habitué à courir la poulette qu’à soulever de la fonte). Son breuvage bien caché dans sa robe, Calliste se présenta le lendemain matin, prête à le donner à Edmond. Celui-ci commença l’ascension, sa bien-aimée dans les bras, grimpant chaque mètre de l’abrupt mont avec un courage qui gonfla d’amour le cœur de Calliste (qui résista à l’envie de lui donner un coup de cravache sur la croupe). Mais à mi-chemin, il sentit la fatigue le gagner. Calliste s’empressa de lui tendre la fiole du breuvage de force, lui expliquant son origine. Mais Edmond refusa, cet imbécile. Il souhaitait réussir ce défi sans aide, simplement avec l’idée d’épouser sa promise (ha! les hommes…). Il continua donc son chemin et parvint jusqu’au sommet de la colline au prix d’un effort extraordinaire. Malheureusement, alors qu’il déposait Calliste sur le faîte du mont, il s’effondra, sans avoir eu même le temps de sautiller comme un cabri-Jornet. L’effort l’avait tué. Calliste le couvrit de baisers, mais rien n’y fit (le coup de la belle au bois dormant n’a marché qu’une fois, à ce que l’on sait). Edmond était mort. Folle de chagrin (normal, c’était quand même un peu de sa faute), Calliste courut vers le bord de la colline et se jeta dans le vide, rejoignant son amour dans la mort ..." Bon, pour la légende ... c'est fait, maintenant, revenons à la course ...
Réveillé à
05h30, je déjeune tranquillement et copieusement, je n'ai pas envie
d'avoir une petite fringale pendant la course ... j'ai rendez-vous chez
Daniel à 06h30, car nous partons ensemble. De chez lui, il faut 1h pour
aller à Pîtres et nous y arrivons donc à 07h30, malgré les belles nappes
de brouillard rencontrées sur la route ... l'avantage, d'arriver de bonne
heure, c'est qu'il est facile de garer la voiture, pas très loin de la
ligne d'arrivée. En allant récupérer nos dossards, on s'aperçoit qu'il ne fait pas
très chaud et le café, offert par les organisateurs, nous réchauffe. Nous
retrouvons Serge qui vient juste d'arriver de Caen, ça nous fait une
occasion de nous revoir et de papoter un peu. Il est temps de rejoindre
les voitures pour enfiler nos déguisements de traileurs ... pour moi,
c'est manchettes et gants, que je mettrais dans mon sac, dès que le soleil
aura fait son apparition, je n'ai pas envie d'attraper froid, dans la
première heure ...
Ca commence par un tour de stade suivi d'environ 1km de route avant de suivre les bords de Seine, dont on ne voit qu'un seul bord, à cause du brouillard au dessus de la Seine ... le peloton s'étire doucement, pour l'instant, c'est plat ... nous arrivons au barrage de Poses et nous suivons le GR2, direction la côte des 2 amants. Du km4, après avoir traversé une route, nous grimpons tout droit dans la pente, au milieu d'une forêt, en arrivant au 5e km, déjà 80m de dénivelé en 1km ... et à peine 1km plus loin, nous redescendons pour rejoindre à nouveau le bord des Seine, au lieu-dit "Le Val Pitant". J'ai l'impression que je cours un peu vite, car d'habitude, Daniel et Serge sont devant moi, et là, depuis le départ, je me force à ralentir pour rester avec eux ... En arrivant à Amfreville-sous-les-Monts, surprise, Wilhelm est là pour faire le reportage photo de www.normandiecourseapied.com , bien sur on s'arrête quelques secondes pour lui dire bonjour et nous repartons tous les trois, pour le moment, tout va bien.
Encore une fois, nous quittons le bord de Seine, pour cette fois grimper en direction du Manoir de Senneville, de 10m nous passons à 147m d'altitude en 1km ... je suis juste derrière 2 coureurs qui attaquent la montée en courant tranquillement et je décide de les suivre, le rythme est bon et me convient, donc je ne me mets pas dans le rouge. A mi-montée, il y a un super point de vue et quelques secondes de répits s'imposent ... nous sommes au dessus des nuages et on ne voit absolument rien en dessous, impossible de voir les étangs de Léry-Poses, mais ça mérite bien une petite photo, quand même ...
En arrivant près du Manoir, je regarde ma
montre et ça fait juste 1h de course pour 9,7km parcourus ... je regarde
derrière et ne voyant pas Daniel et Serge, je décide de ralentir pour les
attendre, laissant partir mes 2 compagnons d'ascension ... Quand Daniel me
rejoint, il me dit : "Pars devant, profites-en, aujourd'hui, tu
as les jambes, alors vas-y, on verra bien, après, mais pour
l'instant ... profites ..." C'est rare, mais cette fois, je l'ai
écouté et je suis reparti sans trop forcer, mais à un bon rythme quand
même ... j'aimerai pouvoir avancer aussi vite, au retour, car nous allons
repasser, ici, près du Manoir, vers le 35e km ... Pour l'instant,
j'attaque seul la descente vers Vatteport, c'est bien car je peux choisir
ma vitesse sans me fier à quelqu'un d'autre tout en restant prudent ... Je
rejoins un groupe de coureurs sur la partie bitumée dans Vatteport, nous
sommes encore une fois redescendus au niveau de la Seine et il faut
aussitôt reprendre un petit chemin sur la gauche pour grimper vers Daubeuf.
Dans une épingle, il y a une petite plateforme qui permet, d'accéder à un
superbe point de vue, mais pour l'instant, impossible de découvrir ce qui
se passe au dessus de la Seine ... il y a toujours autant de brume ...
Nous continuons, de courir, avec parfois des passages en marchant quand la
pente est un peu trop sévère, mais il y a de la marge entre chaque
coureur, ce qui fait que parfois je me retrouve seul, mais ça ne me gêne
pas ... dès que je peux, je jette un œil derrière pour tenter de voir si
Daniel et Serge sont là, mais je ne les vois pas ... Pour moi, tout va
bien et j'arrive au 1er ravitaillement, situé au km22, en 02h14', ça me
paraît correct. Je remplis mes 2 bidons, j'en avais 1 de vide et le 2e
était bien entamé. J'ai respecté ce que je m'étais fixé, 1 gel toutes les
heures et boire très souvent, pour l'instant c'est cool ... tout passe
bien.
Je suis content car c'est sur que les séances d'entraînement un peu plus sérieuses depuis ma retraite, commencent à payer, il me manquait encore quelques sorties longues de plus de 3h, pour ne pas coincer vers les 4h de courses. Je passe par le stand ravitaillement pour manger quelques fruits secs et boire frais ... ensuite je pars en direction de la voiture en attendant Daniel, car c'est lui qui a les clés ... j'ai à peine le temps d'enlever mes chaussures que Serge arrive, c'est super ... je l'encourage en lui rappelant qu'il reste 1 tour de stade. C'est au tour de Daniel d'arriver, il me voit près de la voiture, alors il me donne les clés, je vois dans ses yeux que ce n'est pas un grand jour ... il est déçu ... il va faire un petit break d'une quinzaine de jours et tout va rentrer dans l'ordre. Pour Serge, c'est un peu pareil, il avoue, ne pas avoir pris, trop de plaisir dans la course, même s'il reconnait que le parcours était magnifique, il a peut-être un peu manqué de préparation ... Maintenant un peu de repos pour tous ...
Si vous ne savez pas quoi faire en 2016, et bien gardez une date au chaud dans votre agenda pour cette belle course, vous trouverez tous les renseignements, résultats : http://traildes2amants.wix.com/traildes2amants |
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