Récit de La Ultima Aventura Del Siglo

(La traversée du Chili en courant) du 30 janvier au 16 février 1998

Septembre 1997, en lisant une revue spécialisée de course à pied, je découvre qu'une course va se dérouler au Chili, en février 1998. Nous en parlons avec mon ami Jean-Claude Renier et le pari est aussitôt lancé :  "si nous y allions !!!". En moins de 2 semaines, nous étions décidés et rien ne pouvait plus nous arrêter. Nous envoyons nos inscriptions pour cette course du bout du Monde, tout en commençant un plan d'entraînement musclé, pas question d'aller si loin, pour faire de la figuration, les résultats doivent être à la hauteur de l'événement, d'autant plus que quelques sponsors sont partants pour nous aider dans notre aventure, pas question de les décevoir.

Vendredi 30 janvier 1998, 20h, nous faisons connaissance avec les 5 équipes françaises, ainsi que les 2 équipes polonaises qui viennent de nous rejoindre dans le hall d'embarquement de l'aéroport d'Orly Ouest. Après 1h de retard, nous embarquons dans l'avion qui doit nous emmener à Madrid. Il est 23h30' et l'arrivée à l'aéroport de Madrid est assez mouvementé, car l'avion qui part pour Santiago nous attend depuis 1h et nous avons droit aux quolibets de la part des équipes portugaises et espagnoles que nous retrouvons pour ce vol.

Nous arrivons à 14h à l'aéroport de Santiago, mais il est temps de mettre nos montres à l'heure : 14-4=10h, nous sommes samedi et il est 10h du matin, encore 1h d'autocar et nous arrivons à l'hôtel. Nous décidons d'aller faire un petit footing afin de nous dégourdir les jambes, c'est l'option que beaucoup de participants ont choisi et nous nous retrouvons, très nombreux, dans un parc de la ville pas très loin de l'hôtel. C'est déjà le moment d'échanger quelques mots entre coureurs. De retour à l'hôtel, après une bonne douche,  un copieux repas nous est servi, vers 15h. Il va falloir s'habituer à ce rythme de vie, ici, le déjeuner est rarement servi avant 14h30/15h et le dîner, pas avant 21h/22h. L'après-midi est libre, nous en profitons pour faire une petite visite rapide de la ville, en taxi. Un repas léger et une bonne nuit de sommeil nous permettent de bien récupérer.

Nous ne sommes toujours pas arrivés au départ de la course qui a lieu à Punta-Arenas, au sud du pays, il nous faut donc reprendre l'avion dimanche matin à 8h30 pour y arriver à 12h30. Et ce n'est seulement à ce moment que nous connaissons la liste des engagés : des canadiens, des brésiliens, des chiliens et des américains nous ont rejoint. En tout, nous sommes 180, ce qui représente 45 équipes. Nous sommes tous répartis dans 5 autobus, et le premier voyage peut commencer : direction Puerto-Natales, 250km au nord, pour une arrivée à 19h30 à l'hôtel, nous refaisons un petit footing avant de prendre une bonne douche. Ensuite, nous avons rendez-vous dans un grand cabaret, pour un sympathique dîner spectacle, pendant lequel nous apprenons les danses locales, grâce aux danseurs et danseuses des nombreux groupes folkloriques qui se relaient sur scène, mais il faut penser à se coucher car demain, c'est la course qui commence ...

Enfin, c'est la première ...

Après 1h30 de bus en pleine Patagonie, nous sommes sur la première ligne de départ, un bref tirage au sort et l'ordre des départs est donné pour une course contre la montre de 16km avec un départ toutes les 15". Pour nous, c'est la découverte du Parc National De Torrès D'El Païnes, 16km très vallonnés, avec comme toile de fond, les sommets enneigés de la Patagonie. A l'arrivée, nous sommes surpris de nos positions et il y a déjà de gros écarts avec l'équipe nationale chilienne qui remporte ses premières coupes. Une première cérémonie de remise des récompenses et nous entamons le retour vers Punta-Arenas, 330km en autobus : arrivée à 23h, pour manger et aller se coucher ...

Punta-Arenas, 2e course, la ligne de départ est juste devant l'hôtel et il est prévu à 11h30, nous avons donc réussi à nous reposer. Aujourd'hui, course mythique, car nous allons longer pendant 10km le détroit de Magellan, et il aurait été impossible de prendre le départ de cette course sans aller toucher le pied de la statue de Magellan se trouvant en plein centre de la Place d'Armes, en face de notre hôtel : tous les journalistes locaux voulant immortaliser ce moment, car ici, c'est une coutume, il faut toucher ou embrasser le pied de cette immense statue, nous avons même failli rater le départ de cette 2e étape ... Elle  commence par une traversée de la ville, sous les bravos de la foule, puis passage le long du détroit de Magellan : 1ére Grosse Émotion, nous sommes réellement au bout du Monde. Le retour s'effectue par le centre ville, au milieu des échappements des voitures et des bus ... dommage ... mais l'accueil sur la ligne d'arrivée par l'Alcalde (le Maire), nous fait vite oublier toute cette pollution. Une belle cérémonie de remise des récompenses a lieu sur la Place d'Armes, en présence de tous les élus locaux ainsi que de nombreux journalistes, qui veulent absolument savoir pourquoi des étrangers sont-ils venus courir au Chili ?

Nous avons eu le temps de visiter la "Ville du Bout du Monde" car nous n'avons repris l'avion que le soir à 18h, pour un voyage de 2h vers le nord pour rejoindre Puerto-Mont, ville départ de la 3e course ...

Encore une fois, notre hôtel se trouve près du départ, qui a lieu à 10h. Aujourd'hui, course toute en descente, pour rejoindre le port, nous passons devant les boutiques des habitants de l'île de Chiloé qui viennent ici vendre les produits de leur fabrication, nous reviendrons l'après-midi faire quelques achats ... Étape, sans grand intérêt, si ce n'est, les premières coupes gagnées par notre équipe : 1er Vétéran 1 pour Jean-Claude Renier, 1er Vétéran 3 pour Georges Gooch et 2e femme pour Jocelyne Audra. Après quelques achats de souvenirs, nous devons quitter Puerto-Mont à 17h pour un voyage en bus de 5h, pour 330km, afin de rejoindre Villarica ...

Jeudi 5 février, le départ a lieu devant la Municipalidad (Mairie). Il s'agit encore une fois, d'une course contre la montre et le premier départ est donné à 11h, pour le dernier du classement, avec ensuite un départ toutes les 15". Nous empruntons un chemin qui longe le volcan Villarica, sous forme d'aller-retour, avec contrôle au demi tour : 10km à l'aller, et autant au retour ... La vue sur le volcan est magnifique : 2e Grosse Émotion, et une grande surprise nous attend sur la ligne d'arrivée : 2e et 3e Vétérans, Jean-Claude Renier et Fabrice Humbert, 1ère Vétéran Femme, Jocelyne Audra ... Super ...

Nous quittons Villarica et le sud du pays en direction de Témuco où nous devons prendre un avion pour Santiago ; en route, nous faisons une petite halte au bord du lac Villarica, à Pucon, l'eau étant trop froide, personne n'ose se baigner ... L'avion est à l'heure : 21h, et nous arrivons à Santiago à 22h30. Encore 1h de bus et nous retrouvons l'hôtel "La Fayette", tenu par un français, Michel Mallet. Il est minuit quand nous nous couchons : nous savons déjà que le départ de demain est prévu à 6h30, il faut donc dormir ...

Il est 6h30, nous n'emportons que les affaires pour la journée car ce soir, nous revenons à Santiago. Ce matin, direction Valparaiso, 2h de bus et nous y sommes, déjà la 5e course, mythique, elle aussi. Combien de navires ont fait escale dans ce port pendant des années avant qu'il ne devienne, ce qu'il est, hélas, aujourd'hui, triste et vide ; et ces collines, peuplées pour quelques unes par des bidonvilles (ici, plutôt planches ville) appelés Poblaciones, dont les habitants se nomment les Pobladorés ... Nous avons de la chance, car pendant la course, nous traversons une partie de la ville qui est très animée, et nous montons dans ( des 57 collines. Le départ est donné à 10h, pour 17km de montées et descentes au milieu de maisons toutes aussi colorées les unes que les autres : 3e Grosse Émotion ... Heureusement, nous avons le temps, après la course de nous promener dans la ville pendant que d'autres vont faire une petite séance de bronzage, sur la plage, le départ pour Santiago est prévu à 17h30, pour une arrivée à 19h30. Coup de chapeau à Jean-Claude Renier et Jocelyne Audra qui remportent chacun une coupe dans leur catégorie.

Samedi 7 février, départ de Santiago en bus à 8h, pour la première course en relais : La Montée de Vallée Névado. Cette station de ski, ouverte en 1988, construite et gérée par 2 grands groupes français, est reliée par une route en lacets, longue de 52km, à la petite ville de Lo Barnéchéa. C'est cette route que nous empruntons pour la course. Départ à 600m d'altitude, de la Mairie de Lo Barnéchéa et arrivée à la station, à 3075m. Le parcours est coupé en 4parties de 13km, mais le relais le plus difficile est le 3e, à cause de l'important dénivelé qu'il comporte ... Cette 6e course est très dure et nous nous rendons compte que les chiliens sont vraiment très forts en montée. La première portion de 13km, que j'ai couru, n'est pas très dure, de 600m d'altitude, au départ, j'ai passé le relais à Jean-Claude, pour la 2e portion, à 1100m d'altitude. La partie la plus dure, c'est Jocelyne qui s'y est collée, de 1720m, elle est montée jusqu'à 2770m ... dur, dur ... et c'est notre ami Georges qui a passé la ligne d'arrivée après avoir gravi un peu plus de 300m de dénivelé, pour finir à 3075m.

Nous regagnons Santiago, en fin d'après-midi pour récupérer les bagages et reprendre l'avion en direction de La Séréna où nous arrivons à 19h. Après un repas à la grande gare routière, nous embarquons à bord de cars spéciaux, à 22h, en direction du petit port de Huasco, situé à 250km, il faut 5h de route pour y arriver.

Au réveil de ce dimanche 8 février, nous découvrons un petit port de pêche où tous les habitants sont rassemblés sur la grande place d'où est donné le départ. Beaucoup sont venus pour participer à la course et il y en a d'autres qui viennent se mêler à nous, c'est très bien, car c'est encore une course contre la montre de 12km et c'est quand même plus sympathique de passer la ligne d'arrivée accompagné par les enfants du village. Une nouvelle fois, l'Alcalde est sur la ligne d'arrivée et insiste pour nous emmener personnellement dans sa voiture afin de nous faire visiter son village de 8000 habitants et nous nous retrouvons tous dans la salle des fêtes, pour déguster un excellent repas. A ce jour, nous sommes classés 1ére équipe étrangère et l'Alcalde de Huasco s'était promis d'accompagner les meilleurs étrangers ... 4e Grosse Émotion ... Après le déjeuner, nous passons l'après-midi à flâner dans le village, car le départ est prévu à 20h en cars Pullman, pour rejoindre Calama (965km au nord) ... Mais à 19h30, nous apprenons qu'un des cars qui doit venir nous chercher, a eu un accident dans la montagne et qu'il est complètement détruit. Le transporteur remet le voyage à demain soir, aucun car n'arrivera ce soir à Huasco, tout est prévu pour lundi, jour le plus important de la course car nous devons traverser pour la 1ére fois, le Désert d'Atacama ... La Police, les ambulances, les ravitaillements, toute la logistique ... il faut prévenir tout le monde et reporter d'une journée toute cette organisation ...Nous n'envions pas Daniel Smague, l'organisateur de la course, d'autant plus que rien n'est prévu, non plus pour nous tous, ce soir à Huasco ... Il va gérer la situation avec beaucoup de calme et après une brève réunion avec les autorités locales, qui nous ont promis un hébergement pour tous, il nous annonce que nous restons à Huasco, le lundi 9 février, pour une journée de repos, pendant qu'un délégué de l'organisation va prendre plusieurs transports (cars, taxi, etc...) pour rejoindre Calama dans la nuit afin de prendre les dispositions sur place (maintien des forces de sécurité, annulation des chambres d'hôtel et des repas pour le lundi soir, etc...)

Lundi 9 février, 20h, les cars sont sur la place de Huasco, et nous pouvons charger les bagages et nous préparer à passer la nuit à l'intérieur, les chauffeurs parlent de 12h de voyage ... Nous arrivons, en effet à 9h, mardi matin à Calama, nous avons le temps de prendre une douche et de déjeuner avant le départ de la 8e étape, la plus attendue : une course en relais de 100km, 4X25km, de Calama à San Pédro De Atacama, avec un départ à 2800m d'altitude et une arrivée à 3500m. Toutes les personnes prévues la veille, sont là, pour notre sécurité. C'est à 10h30 qu'est donné le départ, dès la sortie de la ville, on comprend ce que veut dire Désert, une ligne droite, qui restera droite pendant 100km, en légère montée avec de chaque côtés, du sable, des pierres, du sable, des pierres et au dessus de nos têtes, un soleil de plomb, entre 35°et 40° au plus chaud de la journée. Le besoin en eau se fait ressentir dès les premiers km et l'organisateur distribue de l'eau à tous les véhicules accompagnateurs pour qu'ils puissent à tout moment hydrater les coureurs, des bouteilles sont même déposées tous les 2km sur le bord de la piste, pour parer à toutes éventualités ... Il n'y a eu aucun incident grave, uniquement des coureurs fatigués qui finiront leur relais dans les véhicules d'assistance, plutôt que de risquer bêtement leur vie. L'arrivée à San Pédro se fait quasiment main dans la main avec les derniers que tous les autres sont venus chercher pour les 2 derniers km ...  5e Grosse Émotion ... le Désert d'Atacama est vaincu pour la 1ére fois, en courant.

Repas rapide et au lit de bonne heure, car mercredi 11, debout à 3h30 pour aller aux Geysers d'El Tatio (3h de véhicule tout terrain pour y aller). Les Geysers crachent de l'eau chaude à 85°/90° entre le lever du jour et le lever du soleil. Dès que le soleil tape sur la couche supérieure du volcan, tous les Geysers s'arrêtent de cracher et il ne reste plus que quelques fumerolles qui finissent par s'atténuer dès que la chaleur est trop forte ... 6e Grosse Émotion ... Les guides nous font cuire des oeufs et chauffer du café et des briques de lait dans les cratères des geysers, pour un sympathique petit casse-croûte à 4500m d'altitude. Dommage pour ceux qui ont préféré dormir ... mais le temps passe et il faut redescendre car il y a une course qui nous attend à 15h dans un autre décor de rêve : La Vallée de la Luna ...

A quelques km de San Pédro de Atacama, il existe une partie du désert d'Atacama qui ressemble étrangement à la Lune. Nous allons y effectuer une course de 12km dans un décor paradisiaque et à l'arrivée, nous nous rendons compte que les 9 courses commencent à peser lourd, dans les jambes de certains coureurs et l'habitude des >Grands Raids de Jean-Claude nous est très favorable. Nous bénéficions de tous ces conseils : boissons énergétiques avant, pendant et surtout après chaque course, ainsi que massages et relaxation qu'il nous impose tous les jours. Cela est payant car à ce stade de la course, nous sommes 2e par équipe, Jean-Claude est 8e au classement général, Fabrice 11e, Jocelyne 15e et 2e Femme tandis que Georges est 18e. Il reste encore 3 épreuves et la prochaine a lieu à 450km au nord de San Pédro, à Pozo Almonte.

Nous partons à 23h30 après le repas, pour une nouvelle nuit en autocar. Nous arrivons à 7h le jeudi matin, pour le départ de la 10e course. Pour cette épreuve, des autorisations spéciales ont été délivrées pour que nous puissions traverser une "Ville Fantôme", située à la jonction de la fameuse "Panaméricaine" et de la route qui conduit à Iquique. Ancienne citée ouvrière, vivant de l'exploitation du nitrate, elle fut construite en 1862 et fonctionna moins de 100 ans. Elle est aujourd'hui totalement à l'abandon, comme si elle avait été désertée brutalement à la suite d'un cataclysme. C'est loin d'être la seule citée minière dans ce cas, mais Humberstone est l'une des plus grandes et surtout des mieux conservées, grâce à son accès réglementé. Se promener dans cette ville a quelque chose d'absolument surréaliste. Les maisons sont, bien sur, ouvertes à tous les vents, et l'on y trouve quelquefois une cuisinière en fonte, des meubles en décomposition, ou de vieilles casseroles qui perdent le bleu de leur émail. Ces maisons sont chargées de graffitis dont certains ont une valeur historique car ils émanent d'ouvriers revenus visiter leur propre maison après parfois 30 ans ... Autour de la Place principale, où subsistent quelques arbres poussiéreux, et que l'on imagine fleurie et ombragée, se trouvent les bâtiments principaux : l'église, le collège, la pulpéria (grand magasin où les ouvriers acquittaient leurs achats à l'aide de bons), le marché, le grand hôtel et enfin le cinéma qui conserve encore ses fauteuils, poussiéreux, et qui rappelle étrangement, lorsqu'on y pénètre,  les dernières scènes du film de Giuseppe Tornatore : "Cinéma Paradisio".

Après les 12km, sous forme d'aller retour, autour de cette ville, nous sommes invités dans un grand Parc, avec piscine, pour un barbecue géant, organisé par la municipalité de Pozo Almonte et les "Seniors d'Iquique" (tous les coureurs de plus de 40 ans). Nous avons même eu le droit à une interprétation de La Marseillaise, chantée par les 2 plus anciens du Club des Seniors, 67 et 68 ans ... Mais malheureusement, la fête est de courte durée, car nous devons nous rendre à Iquique, et il y a 1h30 de route en autocar. L'arrivée, vers 18h30, est très impressionnante, car la ville, située sur une bande côtière très étroite, s'allonge du nord au sud, coincée entre l'Océan Pacifique et des falaises de sable qui s'élèvent jusqu'à 2000m d'altitude ... Un bon repas dans un restaurant mexicain, sans abuser de la Tequila (mais en y goûtant quand même), et nous rentrons à l'hôtel pour nous coucher de bonne heure, car la fatigue commence à se faire sentir et il y a encore quelques abandons à noter après l'étape d'aujourd'hui ...

Vendredi 13, 10h, c'est parti pour 11km dans la ville, le taux d'humidité dans l'air est tellement important, qu'il est presque plus dur de courir ici que dans le désert d'Atacama ... Encore une étape qui laissera des traces ... Pour nous, qui avons toujours couru régulièrement, c'est très payant car à l'issue de cette 11e étape, nous sommes tous les 4 dans les dix premiers du classement général : Jean-Claude 6e, Fabrice 8e, Jocelyne 9e et Georges 10e. Il reste encore une course et tout peut arriver, d'autant plus que la dernière a lieu encore plus au nord et que le taux d'humidité dans l'air nous a vraiment beaucoup gêné aujourd'hui.

Nous reprenons l'avion à 17h30 pour un vol de 40' en direction du nord, jusqu'à Arica, dernière ville étape de cette première Traversée du Chili, de toute façon, nous ne pouvons pas courir plus au nord car nous sommes au bord de la frontière avec le Pérou. Il faut croire que tout le monde est fatigué car personne ne va aller traîner en ville ce soir ...

Samedi 14 février 1998, sur la plage d'Arica, au milieu des surfeurs venus affronter les immenses vagues de l'Océan Pacifique, va être donné le départ de la dernière étape ... il est 10h30 et c'est parti, personne ne cherche à faire un chrono, sauf les 4 premiers du classement général, qui auront passé 15 jours à se battre jusqu'au bout pour terminer en moins de 7' d'écart entre le 1er et le 4e ...

La remise des coupes, trophées, médailles et diplômes se fait face à l'Océan, sur une plage noire de monde, car cette première course au Chili a attiré, tous les jours, une foule impressionnante de badauds venus voir à quoi peut ressembler un coureur étranger. Tous les jours, nous avons dû prendre des dizaines de poses pour être en photo, ici avec le bébé de la famille, là avec le grand frère, lui aussi coureur ou encore avec toute la famille, sans oublier tous les journalistes des villes traversées qui n'arrêtaient pas de nous mitrailler avec les Maires, les Miss et bien d'autres personnes.

J'ai vécu une expérience très sympathique, fatigante, mais tellement enrichissante. J'ai rencontré plein de gens différents mais oh! combien intéressants. Parmi mes souvenirs les plus marquants, ma rencontre avec le Maire de Huasco, qui nous a promené dans sa voiture pour nous faire découvrir sa ville ... Les Seniors d'Iquique chantant la Marseillaise ... la jeune chilienne qui a couru presque toute l'étape d'Iquique en me tenant par la main tandis qu'elle tenait dans l'autre, celle de Slavomir Majusiak, Polonais et ancien champion Olympique du 5000m ... Le guide qui nous a fait découvrir les Geysers Del Tatio ... sans oublier Daniel Smague, le Grand Maître d'Oeuvre de cette première édition, sans lequel, nous ne serions peut-être jamais allés au Chili ...

La première image impressionnante quand vous arrivez au Chili, c'est la vision du Cerro Aconcagua, par le hublot de l'avion, le sommet est à 6960m, l'avion aussi, aussitôt après, c'est la descente sur Santiago du Chili.

 

 Complètement au sud du pays, le Parc de Torrès Del Païnes, tout simplement magnifique. Ici, l'hôtel Salto Chico, au bord du lac de Péhoé, au pied de la Cordillère du Paine.

 

Dans le Parc de Torrès Del Païnes, les fameuses Tours de PaÏnes.

 

Le glacier du lac de Grey.

 

Le glacier Balmaceda se jette dans le fjord Ultima Esperanza.

 

 

Le glacier Balmaceda.

 

Ferdinand Magellan, navigateur portugais (1480-1521) est en réalité le premier européen qui aurait aperçu les côtes chiliennes. C'est lui qui a découvert le détroit unissant l'océan Atlantique à l'océan Pacifique et qui l'a surnommé le détroit de «Tous les Saints». Actuellement ce détroit porte d'ailleurs son nom. Sachant que la terre était ronde, Il cherchait une route alternative pour arriver aux Indes par l'ouest... C'est ainsi qu'il trouva le 21 octobre 1520 le passage qui porte actuellement son nom. La statue se trouve sur la place principale de Punta Arenas (la place Muñoz Gamero) et a été inaugurée en 1920. Elle est en bronze et a été donnée à la ville par le plus gros propriétaire terrien de l'époque, M. José Ménendez, pour célébrer les 500 ans de la découverte du Détroit. Aux pieds de Magellan se trouvent des statues d'amérindiens (les selk'nams ou onas) aujourd'hui disparus, tous tués par des maladies que les colons européens ont apporté au Chili ou exterminés par des chasseurs d'indiens...

Selon la tradition, il faut baiser le gros orteil des indiens onas (situés au pied de la statue de Magellan) pour revenir en Patagonie...

 

Punta-Arénas et ses maisons colorées.

 

L'arbre aux distances de Punta-Arénas.

 

Paysage de la Patagonie.

 

Un troupeau de Guanaco en Patagonie.

 

Paysage de la Patagonie.

 

Paysage du nord du Chili, dans le Désert d'Atacama.

 

La Vallée de la Luna, dans le Désert d'Atacama.

 

Le Salar de Atacama, dans le Désert d'Atacama.

 

La Vallée de la Luna, dans le Désert d'Atacama.

 

 

Pour réussir cette course, nous avons pris :

10 fois l'avion, pour 43h de vol ...

25 fois le bus, pour 60h de voyage ...

12 fois nos baskets pour 180km de course ...

 

Merci à nos partenaires :

La Ligue Contre Le Cancer

Les Jardineries l'Agricole

Le Groupe UCASEN

Les Agences du Crédit Agricole de Damville, Évreux et Saint-André-de-l'Eure

La Clinique Pasteur d'Évreux

Les Opticiens Lempereur

Fun Radio

SDP (pour les boissons énergétiques)

Publi Noë

 

Classement individuel Hommes

1 Jaime OJEDA 12h03'56
2 Léonidas RIVADENEIRA 12h05'32"
3 Daniel HERRERA 12h07'43"
4 Luis NEMPO 12h10'50"
5 Claudio BRICENO 12h35'01"
6 Jean-Claude RENIER 13h22'05"
7 Fabrice HUMBERT 15h29'07"
8 Georges GOOCH 17h13'19"
9 Manuel GUERRERO 19h24'33"
10 Slavomir MAJUSIAK 20h04'45"

Classement individuel Femmes

1 Silvia  GONZALES 14h37'30"
2 Jocelyne AUDRA 16h27'01"
3 Rosana EREMIA 22h15'32"

Classement par équipes

1 Power Anthro Militar Chili
2 France - Mixte France
3 Chili - San Antonio Chili
4 Majusiak - Polski Pologne
5 Recoleta - Santiago Chili

Récompenses spéciales

Trophée LEMANS Jaime OJEDA
Trophée MILO NESTLE Silvia  GONZALES
Trophée CACHANTUN Equipe France - Mixte
Trophée POWER Power Anthro Militar
Meilleure prestation étrangère Jean-Claude RENIER
Meilleur esprit sportif Equipe France - Mixte
Trophée de la combativité Georges GOOCH
Trophée du fair-play Fabrice  HUMBERT