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Tout commence par un rendez-vous à 18h30, le samedi 26 décembre 2009, dans le hall d'embarquement de l'aéroport d'Orly Sud … Daniel, que nous avons embarqué de force dans cette aventure, Éva et moi arrivons de bonne heure afin de retrouver quelques connaissances devant le guichet d'embarquement. Nous sommes 68 à attendre pour la même destination : "Le 10e Marathon des Dunes" … Il y a 21 français, 3 italiens, 3 Belges, 2 suisses, 2 autrichiens, 1 coréen, 1 anglaise et 35 franco-algériens au départ de Paris. Le décollage est prévu à 21h45, nous avons le temps de faire plus ample connaissance avec les nouveaux venus, qui écoutent attentivement les récits et explications des anciens participants. Après 4h de vol sans problème, nous arrivons sur le sol algérien, il est 01h45 à Tamanrasset et il fait 16° … et oui, il y a longtemps que nous n'avons pas eu cette température, en France (même le jour) … avant les formalités douanières, nous sommes obligés de passer par le service médical. Équipés d'une caméra thermique, braquée sur le front de chaque passager, les "Docteurs", habillés en blouse blanche, avec masque et bonnet, observent l'écran de leur ordinateur qui indique la température corporelle de chacun d'entre nous … distribuant au passage des imprimés expliquant que ce sont des précautions pour éviter la propagation de la grippe H1N1 … si l'un d'entre nous avaient eu un peu de fièvre … que serait-il devenu ??? … heureusement, nous étions tous en "bonne santé", à ce moment là … AbdelHakim Rezkane (le fils de l'Organisateur) nous attend dans le hall et nous apprend que nous allons attendre l'avion qui arrive d'Alger, il a du retard, car il est passé par Djanet où il a fait une escale de presque 2 heures, il doit être là vers 03h00 … et comme il est déjà 02h15, nous ne sommes plus à 3/4 d'h près. A l'heure prévue, AbdeMadjid Rezkane, l'Organisateur, arrive, accompagné par une trentaine de participants venus de la région d'Alger. Après les embrassades de retrouvaille, nous embarquons les sacs dans un camion et nous grimpons dans les bus pour un court transfert d'une vingtaine de minutes jusqu'au "Camp d'Adrian", à quelques km de Tamanrasset. Tout a été parfaitement organisé et les clés des logements sont vite distribuées pour que chacun puisse se coucher rapidement afin de récupérer le plus vite possible. Première consigne concernant le petit déjeuner du lendemain, il est prévu à partir de 10h00 … il fait nuit et personne ne peut imaginer le décor environnant … Dimanche 27 décembre. Les uns après les autres, nous arrivons dans la salle de restauration pour prendre le petit déjeuner. Nous n'avons qu'un seul discours … la montagne qui est juste derrière le Camp est grandiose et la vue plongeante sur Tamanrasset l'est tout autant. Nous sommes à 1400m d'altitude, il est 10h00 et le soleil est déjà présent, au beau milieu d'un ciel tout bleu sans l'ombre d'un seul nuage … la température monte doucement … déjà 24°.
La remise des dossards et des accréditations se déroule à 11h00 dans le hall du Camp. Les organisateurs en profitent pour rappeler les consignes de sécurité, pendant la course, mais aussi en dehors des étapes. Il n'est pas interdit de sortir du Camp, mais il faut prévenir les policiers et militaires, en faction, 24h/24h, à l'entrée, de nos moindres sorties, pour qu'ils mettent en place une surveillance discrète, pour notre sécurité. Après le repas, à 15h00, nous partons pour une première excursion en Bus, pour visiter Tamanrasset et plus particulièrement, découvrir le 1er Salon National d'Artisanat Saharien. Enfin, je devrais dire ils vont faire une excursion ... parce que, pour moi, c'est dodo ... est-ce la chaleur, ou la nourriture dans l'avion ? ... toujours est-il que ça ne va pas très fort et je me sens beaucoup mieux en étant tout près de la porte des toilettes ... ça ne m'arrive pas souvent, mais ça me fera un souvenir !!! ... "Saint Imodium, faites pour que ça aille mieux ..." Le soir, après le repas, nous sommes invités pour assister à une conférence sur le thème "Quel avenir pour Tamanrasset, Capital du Hoggar", par Monsieur Kamel Bouchama, ancien Ministre, Ambassadeur et Écrivain. La soirée se poursuit par une démonstration d'Imzad (instrument de musique Touareg) effectuée par une troupe de la région. Lundi 28 décembre. Le petit déjeuner est servi à partir de 07h00 et le départ des bus est prévu à 08h00, en direction du départ de la première étape. Il ne faut que 30 minutes pour rejoindre le "Pic de Ihaghen", par une piste en tôle ondulée. Nous attendons le Président de l'APC de Tamanrasset (Maire), Monsieur Ahmed Ben Malek, car, c'est lui qui doit donner le départ, à 09h30. De nombreux algériens de la région sont venus gonfler les rangs des coureurs et nous serons 168 au départ de cette première étape. On devine facilement que ce ne sont pas tous des coureurs aux grandes performances, mais c'est pour eux et pour nous aussi, une grande joie de pouvoir partager ce moment ensemble. Quelques regards … quelques mots … des photos … des cadeaux … beaucoup de souvenirs. Bien sur, il y a aussi ceux qui viennent pour la prime, une quinzaine de coureurs valent moins de 31' au 10000m, pour eux, c'est l'heure de l'échauffement … avec des accélérations dignes des plus grands sprinters … Impressionnant. Pour Éva et moi, c'est l'heure de retrouver Halim Mesref, il a tout juste 30 ans et cela fait 5 fois que nous le voyons, avec toujours autant de plaisir. Il fait partie de ces gazelles qui font exploser les chronos dès qu'ils sont lâchés. Il habite la banlieue de Oran, il ne travaille pas et pour ne pas sombrer dans la délinquance, il s'entraîne 2 fois par jour. Pour participer au Marathon des Dunes, il est venu en Bus et en auto stop de Oran, 3 jours de voyage pour 2000km, qui lui ont coûté 2500DA. Pour lui, seule la victoire compte, la prime de 5000DA lui permet de rentrer à Oran sans problème. Quelle volonté. Gentiment, un entraîneur de Tamanrasset, connaissant bien son palmarès, lui a offert un dossard. C'est ça la vraie solidarité. En m'embrassant, Halim est fier de me montrer qu'il a toujours la montre-chrono, que je lui avais offert il y a 2 ans à Béni-Abbès. Nous avons juste le temps de sécher nos larmes, car le Président de l'APC vient d'arriver et le départ est imminent, nous le retrouverons à l'arrivée … pas question de le suivre, pendant la course … dommage !!!
Il est juste 09h30 et c'est parti pour la première étape, sous les cris des algériens : "One, Two, Three, Viva Algérie … One, Two, Three, Viva Algérie … One, Two, Three, Viva Algérie …". Pour Éva et moi, pas question de prétendre à un quelconque podium, notre seul but étant de terminer les 3 étapes, pour être classés. Nous prenons donc, séparément, nos rythmes de croisière … La piste est un peu vallonnée, et le parcours forme une grande boucle autour des sommets montagneux que nous devons contourner. Nous courons sur un mélange de sable et de cailloux, que les nombreux passages de 4x4 ont transformé en tôle ondulée. Nous sommes nombreux à emprunter les bas-côtés, beaucoup plus confortable, pour courir. Tous les 2km, une pancarte nous indique la distance et entre ces pancartes, de nombreuses flèches balisent le chemin, il est impossible de se perdre. Pour l'instant, je suis régulier, 11' au km2, 22' au km4, 33' au km6 et lorsque j'arrive au ravitaillement du km7 … il n'y a plus d'eau, pourtant, il y a encore du monde derrière moi, heureusement, j'étais parti avec mon bidon rempli, mais voilà, il est presque vide. L'air est très sec et nous sommes tous desséchés. Le manque d'eau va en faire souffrir plus d'un. Je continue de courir et je passe au km8 en 44', tout va bien et la vue du km10 me rempli de joie, je passe en 45', très heureux … je me dis que dans 23 ou 24', je vais passer l'arrivée et cela me fera un temps de 1h10' environ … mais à partir du 10e km, je cours mais ne vois toujours pas le km12, déjà 16' depuis le 10e … finalement, j'arrive au panneau km12 en 1h10' … 25' pour 2km, impossible, il y avait au moins le double … je n'ai plus d'eau depuis longtemps et j'ai la gorge sèche, je commence à marcher, même si je me moque de mon classement, je suis un peu en colère, car ce sont des petites choses qui ne doivent pas arriver dans une 10e édition … pour rejoindre l'arrivée, au km14, j'ai alterné marche et course en pensant à la "Bonne Bière" que j'allais boire à l'arrivée … je termine en 1h51'16", à la 107e place tandis que pour Éva, partie avec son camel-bak bien rempli, elle n'a jamais manqué d'eau et a couru régulièrement, terminant à la 121e place en 1h58'25", pas très loin de moi. Mais la grande surprise est qu'elle se retrouve à la première place dans sa catégorie, chose à laquelle elle ne pensait même pas au départ. L'idée de mettre son nom sur le palmarès de la course lui donne encore plus envie de se dépasser, pour les 2 autres étapes. Daniel, quand à lui, a bouclé sa course en 1h21'49", se classant 33e au général. Il est 3e français et 4e européen, pour le moment. Aussitôt après l'arrivée des derniers concurrents, nous rejoignons le Camp d'Adrian pour prendre la douche et manger dans l'enceinte du Camp. L'après midi, les bus nous déposent dans Tamanrasset, pour nous permettre d'acheter quelques souvenirs. Nous faisons une grande ballade dans la ville, et nous rencontrons de nombreux gamins qui réclament quelques Dinars. C'est la première fois que nous sommes confrontés à cela, en Algérie. De toutes les régions que nous avons connu, grâce au Marathon des Dunes, jamais, nous n'avions vu autant de mendiants, ni même autant de détritus … on est loin du cliché de la superbe ville saharienne que je m'imaginais … je ne suis pas déçu des paysages, qui sont magnifiques, mais de la ville, elle même que je ne voyais pas comme cela. Ce soir, le Président de l'APC, qui n'est autre que l'équivalent de notre Maire, a invité AbdelMadjid Rezkane, et quelques privilégiés, dont nous faisons partie, à une soirée privée. C'est comme cela que nous nous retrouvons assis sur de superbes tapis, autour d'un couscous, en écoutant de magnifiques Touaregs, en costumes traditionnels, nous interpréter des chants typique de leur région. Nous avons du mal à quitter cette ambiance, mais il est tard et nous avons une autre étape demain matin, il faut penser à dormir. Nous remercions le Président de l'APC pour son invitation, et il nous souhaite une bonne course pour le lendemain, sans oublier de nous dire, avec une pointe d'humour, qu'il serait bien que ce soit un habitant de Tamanrasset qui remporte cette 10e édition … Mardi 29 décembre. Même horaire que la veille, pour le petit déjeuner, car, le départ en bus vers le départ de la 2e étape est encore une fois prévu pour 8h00. Il ne faut pas longtemps pour rejoindre la ligne de départ, située à quelques centaines de mètres de l'aéroport, sur la route de In Salah. Aujourd'hui, pas de boucle autour des pitons rocheux, c'est une étape en ligne, qui nous est proposée. Nous laissons donc nos affaires dans les bus qui partent, nous attendre sur la ligne d'arrivée … 12km plus loin, au lieu de 14km … pour calmer les esprits de ceux qui se plaignent encore de la mauvaise distance d'hier … sage décision de l'Organisateur. Tout le monde est prêt et le départ est donné à 9h15. Nous sommes déjà moins nombreux, malgré la présence d'une équipe de 9 militaires de Tamanrasset, dont le bus n'a pas voulu démarrer hier. Ils n'ont donc pas participé à la 1e étape, ce qui les empêche d'entrer dans le classement final. Dommage pour eux, car ils finissent aux neuf premières places de la 2e étape, dont l'arrivée est jugée après une superbe descente, très pentue, près de l'Oued Terakni. Pendant cette très belle étape, aucun problème de ravitaillement, tous les participants ont eu une bouteille d'eau au passage du 6e km. Daniel termine à la 30e place en 49'44", Éva se classe 112e en 1h13'31" quand à moi, je boucle cette 2e étape en 1h06'36" et termine à la 94e place.
L'après midi est libre et nous pouvons retourner dans Tamanrasset en bus ou faire une ballade dans les environs du Camp. Avec un petit groupe, nous optons pour la ballade aux pieds des falaises juste derrière le Camp. Belle ballade puisque nous marchons pendant 3 bonnes heures avant de rentrer au Camp prendre une douche et nous préparer pour le repas du soir. Après le repas, une conférence animée par Monsieur Yacine Ould Moussa, journaliste et expert international en économie, nous est proposée, avec comme thème : Que peut apporter le Marathon des Dunes à la ville de Tamanrasset ? Un débat très intéressant, sur l'avenir de la ville, dont le manque d'eau ne va pas tarder à se faire sentir, malgré la construction d'un gigantesque pipe-line de 700km de long, entièrement réalisé par des Chinois, qui est sensé apporter de l'eau d'une nappe souterraine, qui pourrait être asséchée dans les 20 ans à venir, si la demande continue de croître. En cause, l'arrivée massive de touristes, que les dizaines de tours opérateurs viennent chercher à l'aéroport, à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, en leur proposant toutes sortes de séjours. Concernant l'hébergement, il existe une nouveauté, cela consiste à rester dans un Camp de vacances, avec tout le confort, douche, wc et salle de restauration, pour le petit déjeuner et le repas du soir, et se faire accompagner pour des ballades tous les jours. Une autre manière de visiter le Hoggar et notamment le Massif de l'Assekrem, est de le faire en randonnée itinérante, avec bivouac tous les soirs, en 4x4, à dos de dromadaires ou bien à pied, pour des sommes très abordables, et quelque soit votre choix, vous êtes sur de bénéficier d'un soleil radieux, pendant tout votre séjour. Mercredi 30 décembre. "On ne change pas un horaire qui a fait ses preuves …" Tels sont les mots de AbdelMadjid Rezkane, qui prend son petit déjeuner avec nous pour ce dernier jour de course. Encore une fois, le départ de la 3e étape est tout près de Tamanrasset, presque au même endroit que le départ/arrivée de la 1e étape, au pied du Pic de Ihaghen. Il y a de moins en moins de monde au départ, comme tous les ans, quelques participants, mal chaussés, souffrent des pieds, les ampoules étant, comme toujours, la première cause d'abandon. Nous courons sur une piste très vallonnée, et au 7e km, au sommet d'une montée nous arrivons au ravitaillement. Encore 2km de piste défoncée puis nous entrons dans Tamanrasset par une route goudronnée. Nous ne quittons pas le bitume pendant les 5 derniers km en direction de la Place du 1er novembre, en plein centre ville. Plus on s'avance vers la place, plus il y a de monde le long du parcours. Nous sommes encouragés par un grand nombre de spectateurs, venus nous voir et nous applaudir. Daniel termine en 55'52" à la 36e place, me concernant, je termine 85e en 1h09'59" et nous repartons chercher Éva qui n'est pas très loin, mais qui a décidé de passer la ligne d'arrivée en brandissant les drapeaux Français et Algériens qu'elle a glissé dans son sac. Quelques Algériens sont au courant et viennent avec nous pour une super arrivée que les journalistes de France Télévision ont promis d'immortaliser … Éva franchit la ligne en 1h22'03" à la 102e place, mais quelle belle arrivée … encore une fois, cela restera un inoubliable souvenir, pour nous. Nous sommes interviewés par la télévision Algérienne, ils veulent connaître la raison de notre choix d'avoir participé à cette course, est-ce pour découvrir Tamanrasset ou bien tout simplement pour le plaisir de courir ? Éva s'empresse de répondre : "Cela fait la 7e fois que nous venons courir en Algérie, à chaque fois, nous avons la chance de découvrir une région différente, et c'est toujours avec le même plaisir que chaque année, nous y retrouvons des amis Algériens, qui, profitent eux aussi de la course, pour découvrir un peu plus l'Algérie. D'une région à l'autre, les coutumes, les plats, les gens, tout est différent, mais c'est tellement enrichissant de rencontrer des gens différents que c'est sur, nous sommes déjà prêts pour la 11e édition, peu importe l'endroit, nous faisons confiance à Monsieur Abdelmadjid Rezkane, sans lequel, nous ne serions jamais venu dans, ce qui est certainement le plus beau pays de tout le Maghreb, l'Algérie." Nous rentrons rapidement au Camp pour déjeuner car cet après midi, nous sommes invités par Monsieur Ahmed Ben Malek, le Président de l'APC de Tamanrasset, pour assister à la dernière course de Méharis de l'année. L'endroit ressemble un peu à un hippodrome, sans les tribunes et les barrières qui bordent la piste. Ce sont les policiers qui, bâton à la main, font reculer les spectateurs un peu trop avancés vers la piste. Il est préférable de les écouter, sous peine de prendre un coup de bâton dans les tibias … ils ne plaisantent pas … La piste doit mesurer environ une dizaine de mètres de large et fait bien la valeur de 2 pistes d'athlétisme, c'est à dire au moins 800m, peut-être 1000m … Les dromadaires qui partent pour 3 tours, sont affublés de tous les ornements les plus beaux, afin de les mettre le plus en valeur, possible, tout comme chacun des Touaregs qui les montent, eux aussi ont mis leur plus beaux costumes. C'est un magnifique spectacle, haut en couleur, que seuls les hommes semblent apprécier, en effet, il n'y a que quelques femmes, mais elles sont très loin et observent en silence, alors que les hommes ne cessent d'encourager leurs favoris, en hurlant de plus en plus fort tout en se rapprochant de plus en plus de la piste, au fur et à mesure des passages des dromadaires. Nous assistons à 3 courses, avec à chaque fois, le même rituel, après l'arrivée, les 3 premiers forment un cercle et tournent en rond de plus en plus vite, en se suivant, jusqu'à former un épais nuage de poussière … impossible de rester à moins de 50m. Il est tard, et la nuit tombe vite, nous rentrons vers le Camp pour dîner. Ce soir, après le repas, un spectacle de magie, auquel nous allons participer, est organisé pour une occasion bien particulière. C'est une Soirée Anniversaire, bien sur, ce sont les 10 ans du Marathon des Dunes mais c'est aussi l'anniversaire de AbdelMadjid Rezkane, l'organisateur, il a aujourd'hui 66 ans. C'est aussi l'occasion de partager le thé que les Touaregs, installés sous une tente dans l'enceinte du Camp, nous préparent tous les soirs. Jeudi 31 décembre. Pas de course pour cette dernière journée de l'année 2009, donc le petit déjeuner est prévu à partir de 8h00. Ensuite, le départ des Bus est programmé à 9h00 pour une belle excursion qui va nous permettre de découvrir un peu mieux la région. Nous prenons plein Nord, par la route nationale 1, en direction de In Salah, jusqu'au village de Tit, à environ 50 km de Tamanrasset où nous traversons un Oued. La vieille route ayant été emportée par les eaux, il y a quelques années, c'est grâce à la construction d'un très beau Pont que nous pouvons franchir l'Oued. Depuis la sortie de Tamanrasset, nous longeons l'un des plus gros chantiers du désert Algérien, la construction d'un pipe line pour amener de l'eau de la région de In Salah jusqu'à Tamanrasset. Ce sont les Chinois qui gèrent le chantier. Ils sont tous habillés en combinaison rouge, on les voit partout, au volant des camions, des grues, et autres engins de chantier, mais aussi à pied, le long du chantier. De nombreux camps où sont installées les bases vie, fleurissent tout le long du chantier. Nous quittons la route nationale 1 à la sortie de Tit, pour prendre plein Ouest en direction du Mali (qui est à 450km de piste), jusqu'au village de Abalessa, ancienne capitale du Hoggar, pour aller visiter le tombeau de Tin Hinan. C'est ici qu'en 1925, des archéologues ont découvert un caveau où se trouvait un squelette de femme bien conservé, ainsi qu’un mobilier funéraire, des bijoux en or et en argent et des pièces de monnaie à l’effigie de l’empereur romain Constantin. Ils définirent cette tombe, datée du IVe ou du Ve siècle, comme étant celle de Tin-Hinan, l’ancêtre des Touaregs. La découverte a fait rêver bien des chercheurs et des écrivains.
Voici une partie de
son histoire, racontée par un guide local : "Tin-Hinan, cette femme
énigmatique, dont l’existence nous a été révélée par la tradition orale et
dont le nom voudrait dire "celle qui vient de loin" ou "celle qui se
déplace", aurait été la mère fondatrice du peuple touareg. A travers les
récits et les chants véhiculés par ses descendants, les hommes du désert,
on peut retrouver son image : "Une femme irrésistiblement belle, grande,
au visage sans défaut, au teint clair, aux yeux immenses et ardents, au
nez fin, l’ensemble évoquant à la fois la beauté et l’autorité".
Lorsqu’elle est arrivée dans le Hoggar, "elle venait de loin", indique son
nom. Les chercheurs ont localisé cette origine chez les Bérâbers
(Berbères) du Tafilalet, une contrée présaharienne du sud marocain qui
devait être plus verdoyante qu’aujourd’hui. Pourquoi quitta-t-elle ces
lieux ? Personne ne peut le dire. Alors rêvons un peu et regardons la
situation de la région au cours de ces années lointaines. Au IVe siècle,
le nord de l’Afrique, et en particulier la Numidie, est dominé par la
puissance romaine qui a adopté la religion chrétienne à laquelle s’est
converti l’empereur Constantin. Cette Numidie, dont le nom pourrait venir
de nomade, est alors le théâtre de révoltes contre le pouvoir romain.
Diverses tribus circulent entre la côte méditerranéenne et les régions
plus au sud, colportant non seulement des produits divers mais aussi des
informations. Quelques membres de la tribu marocaine des Bérâbers, avec
Tin-Hinan, ont-ils quitté la région pour des raisons de conviction ou de
politique ? Première hypothèse.
Tin-Hinan est
l’amenokal (possesseur du pays), la reine de ce petit peuple en voie de
création. Est-elle, comme le raconte une légende, à l’origine d’une
ancienne écriture touarègue, le tifinagh, que l’on a trouvée ici et là
gravée sur des pierres ? Ces signes, composés de bâtons (des jambes
d’animaux ?) et d’ idéogrammes ronds (visages, soleil, astres ?)
servirent-ils de repères pour marquer les routes du désert ? Le mystère
n’est pas élucidé. Son squelette ainsi que tous les objets trouvés dans le tombeau sont exposés au Musée National du Bardo à Alger. Après cette visite très intéressante, nous rentrons par la même route en direction du Camp d'Adrian, pour déjeuner. L'après midi est libre et les bus emmènent ceux qui le désirent, dans Tamanrasset. Pour les autres, repos, sieste, ballade ou footing tranquille, en attendant la soirée de réveillon. Le dîner, servit à partir de 20h, n'a rien d'exceptionnel, rien à voir avec les repas de réveillon que nous avons connu, notamment celui de Timimoun, lors de la 4e édition, ou celui de Zelfana, pour la 7e. La Cérémonie de Remise des Récompenses est prévue à 21h00, tous les participants sont là. AbdelMadjid Rezkane remercie toutes les hautes instances (Ministre, Wali, Président de l'APC) pour leurs implications dans le bon déroulement de cette 10e édition, sans oublier de citer les forces de l'ordre, Policiers et Militaires qui ont œuvré pour la sécurité de tous. Des remerciements aussi pour les cuisiniers et le personnel chargé de la logistique de la course, et surtout de chauds remerciements pour tous les participants sans lesquels, il n'y aurait pas de course. Vient ensuite le moment tant attendu, la remise des Trophées pour les vainqueurs. Ici, les catégories d'age, n'ont rien à voir avec les nôtres, les AS sont compris entre 18 et 30 ans, les vétérans 1 entre 31 et 40 ans, les vétérans 2 entre 41 et 50 ans et les vétérans 3 au delà de 51 ans. Les 3 premiers et premières de chaque catégories sont récompensés et les primes offertes (en Dinar) sont identiques chez les hommes et chez les femmes. Dès la remise des récompenses terminée, nous décidons d'attendre minuit, sous la tente que les Touaregs ont installé dans le Camp. Nous sommes une dizaine et entre 2 verres de thé et quelques histoires, nous écoutons les morceaux de guitare interprétés à tour de rôle par Brunello, l'Italien et par les Touaregs, qui sont capables de jouer et de chanter de nombreux morceaux. C'est comme cela que Minuit arrive tranquillement et que nous basculons en 2010. Nous nous embrassons tous pour nous souhaiter une Très Bonne Année 2010, puis nous partons nous coucher car le programme de demain démarre très tôt ... petit déjeuner à partir de 6h00 ...
Vendredi 1er janvier. Ce matin, après le petit déjeuner, direction le Massif de l'Assekrem, avec en point d'orgue, la visite de l'Ermitage du Père Charles de Foucault. Il est impossible d'y accéder en Bus, AbdelMadjid Rezkane a donc réservé une vingtaine de 4x4 dans plusieurs agences de Tamanrasset. Le départ du Camp est prévu à 7h00. De nombreux véhicules sont déjà là, et nous embarquons suivant la liste préparée par l'Organisateur. Éva et moi, nous ferons le voyage avec Lisette et Willy, un couple de Belges que nous connaissons bien, ça promet d'être corsé car il n'y a que 90km à parcourir, dont seulement 3 sont bitumés, et il faut aux alentours de 3h00 pour arriver au sommet, d'après notre chauffeur. La dernière portion étant très pentue et très accidentée. Le long convoi se met en route, enfin plutôt en piste ... Pendant une vingtaine de km, la piste est parfois très large et nous nous retrouvons à plusieurs véhicules côte à côte, pour éviter de rouler dans la poussière. Dès qu'une difficulté se dessine à l'horizon, chaque chauffeur retrouve sa place dans le convoi. Il faut dire que les forces de l'ordre qui sont présentes avec nous ont donné des consignes très strictes à tous les chauffeurs. Tout le long du chemin, nous croisons toutes sortes de véhicules et quelques petites haltes nous permettent de savoir que ceux que l'on croise reviennent du Plateau de l'Assekrem où ils ont assisté soit au coucher du soleil hier soir, ou bien au lever de ce matin ... et pour certains, ils ont eu le droit aux 2, avec une petite nuit sous les étoiles auprès d'un feu de camp. C'est vrai que nous avons croisé un grand nombre de personnes avec des moyens de transport ... inimaginable ... bien sur il y a des 4x4 de toutes sortes, mais aussi des motos, des mobylettes, des vélo, des marcheurs, des caravanes de dromadaires ... et tout ce petit monde se côtoie sans problème.
Après un peu plus de 3h00 de 4x4, et 2 arrêts forcés (un pour une rupture des freins d'un des 4x4 de notre convoi, nous obligeant à embarquer les 4 passagers dans les autres véhicules pour continuer le voyage, et un autre arrêt pour remettre sur ses roues un 4x4, pas du convoi, aillant fait un tonneau, face à nous, heureusement sans gravité pour ses occupants), nous arrivons au refuge de l'Ermitage. Pour accéder à l'Ermitage, la dernière partie, s'effectue à pied, par un petit sentier, il faut environ une vingtaine de minutes, en marchant tranquillement, mais quelle vue en arrivant au sommet ... Le Père Charles de Foucault a vécu de 1901 à 1916, en Algérie ... Nous avons eu la chance de pouvoir visiter les 2 ermitages où il a vécu, celui de Béni-Abbès (en 2007) et celui de l'Assekrem, aujourd'hui.
Nous profitons de ces quelques heures passées sur place pour déjeuner et boire un thé dans le refuge, en admirant les nombreuses photos, toutes différentes, des dizaines de couchers de soleil, pourtant prises sur les mêmes sommets ... Cela donne envie de revenir, juste pour passer une nuit et voir ce spectacle magnifique ... Le temps passe vite, il est 15h30 et il faut rentrer vers le Camp d'Adrian, le repas de ce soir est prévu à 19h00 car les passagers du vol pour Alger décollent à 00h45, ils ont rendez-vous à l'aéroport à 21h45 ... il est temps de quitter ce lieu fabuleux, qui restera un moment fort de cette 10e édition ... pour beaucoup d'entre nous. Le retour est plus rapide que l'aller, pourtant la conduite semble difficile dans la poussière avec le soleil couchant, qui éblouit les conducteurs, mais ce sont de très bons chauffeurs, qui connaissent bien la piste et ses pièges. Nous rentrons avant 18h00, tous bien fatigués d'avoir été secoués dans tous les sens, mais heureux de cette belle aventure. Une bonne douche, un dernier repas avec les copains d'Alger, quelques échanges d'adresses, des promesses de se revoir ... et voilà, le Camp se vide d'une partie des participants ... Nous allons nous coucher, dès leur départ ... demain, ça sera notre tour, de rejoindre Paris, après une journée libre, dans Tamanrasset ou bien ici au Camp ... Un grand merci, à AbdelMadjid et AbdelHakim Rezkane (le père et le fils) de nous avoir permis de passer cet agréable séjour à Tamanrasset. Nous avons, encore une fois, retrouvé des gens sympathiques, et nous en avons rencontré de nouveaux, le Marathon des Dunes est, et restera, une épreuve hors normes, avec ses bons et ses mauvais moments, mais pour Éva et moi, nous ne gardons en mémoire que les bons moments ... et, heureusement, ils sont très nombreux ... Vivement la 11e édition ...
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Des retrouvailles sympathiques
Et aussi de nouvelles têtes ...
Résultats Hommes AS 1er Mesref Halim - Algérie V1 1er Meghazi M'Hamed - France V2 1er Djallal A Krim - Algérie V3 1er Paganelo Brunello - Italie
Résultats Femmes AS 1ère Selmet Jamila - France V1 1ère Viccari Daniela - Italie V2 1ère Ouazine Zaia - France V3 1ère Humbert Éva - France
Daniel Desroles termine à la 21e place au général, 8e dans sa catégorie (V2), 3e Européen, 2e Français en 03h07'25" Éva Humbert termine à la 68e place au général et 1ère de sa catégorie (V3) en 04h33'59" Fabrice Humbert termine à la 53e place au général et 10 de sa catégorie (V3) en 04h04'47" Pour plus de renseignements, photos, résultats complets et infos pour la 11e édition : www.marathondunes.com
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